J’ai presque envie de commencer une série de billets en hommage avec la série Martine à la plage, etc…. Mais je préférais grandement Les Malheurs de Sophie aux innocentes aventures de Martine. Déjà, le mode mineur m’interpellait.
Mais parlons cinéma. La grande rencontre hivernale de notre cinéma a lancé sa programmation mercredi dernier. Les Rendez-vous du cinéma québéois se tiendront du 17 au 27 février. Allez visiter le site, je ne vous ferai pas le résumé ici.
Par contre, voici où je serai… Question de me trouver, me retrouver ou m’éviter!!! (ton du jeudi après-midi après 3 cafés, un pot au chocolat au Laïka…)
____—tiré du site des RVCQ
Fiction web interactive : RemYx, Journal d’un coopérant et The Truth about Marika
Mardi 23 février – 09h30 à 12h00
Cinémathèque québécoise – salle Fernand-SeguinDeux études de cas de projets de fictions Web québécois : la Websérie interactive RemYx (VivaWeb/Radio-Canada.ca) et Journal d’un coopérant (dernier projet du cinéaste Robert Morin et de Daniel Canty). Les créateurs, producteurs et distributeurs/diffuseurs décortiquent ces projets, de l’idée jusqu’à son aboutissement, en présentant les défis, les limites, les impératifs de chacun des maillons de la chaîne de création et de diffusion. Également au programme, Véronique Marino (Espace in.fusion, INIS) étudie une Websérie interactive suédoise particulièrement innovante, The Truth about Marika.
Le grand pitch RVCQ
Mardi 23 février – 14h00 à 17h00
L’appel a été lancé en janvier : proposez aux RVCQ votre meilleur projet de fiction Web interactive ou multiplateforme. De concert avec espace in.fusion, cinq projets ont été retenus et, en amont du pitch, leurs développeurs ont pu profiter de trois jours d’ateliers avec des spécialistes des médias numériques et de l’interactivité. Ils vont exposer et défendre leur projet devant un comité d’experts triés sur le volet: Jérôme Hellio (Radio-Canada.ca), Marc Beaudet (Turbulent Média, RPM), Bruno Légaré (Téléfilm Canada) et Claire Dion (Fonds Bell).
Fernand Dansereau cinéaste
Samedi 20 février – 14h00 à 17h00 Cinémathèque québécoise – Espace cocktail
Pionnier de notre cinéma et toujours force vive à plus de 80 ans, Fernand Dansereau présente en première aux Rendez-vous son tout dernier film, Porteurs d’espoir. Entré à l’ONF en 1955, il touche à tout, et devient le premier directeur du studio français en 1960. En 1965, il réalise Le festin des morts et s’ensuit une longue carrière de cinéaste et scénariste où il navigue sans cesse entre ses ambitions artistiques (Ce n’est pas le temps des romans, La brunante) et ses préoccupations sociales (St-Jérôme, Porteurs d’espoir). Rencontre avec un géant du cinéma québécois.
Documentaires, comment ça va avec la production?
Samedi 20 février – 17h00 à 19h00 Cinémathèque québécoise – Espace cocktail
Comment se porte le genre documentaire au Québec? À la lumière de la production documentaire des deux dernières années, quels constats, tristes comme heureux, pouvons-nous dresser? Le poids du direct est-il trop lourd à porter? Les impératifs télévisuels sont-ils aussi ravageurs qu’on le pense? Le documentaire québécois souffre-t-il d’un excès de « bien pensant »? L’essai documentaire est-il en voie de disparition? Avec Fréderick Pelletier, Sylvie Van Brabant, Luc Bourdon et Patricio Henriquez.
Bruno Dumont cinéaste
Vendredi 26 février – 14h00 à 17h00 Cinémathèque québécoise – Espace cocktail
Brillant cinéaste, Bruno Dumont construit depuis près de 15 ans une oeuvre inclassable. Épuré, rigoureux, plastiquement sublime, son cinéma sacralise la vie, en même temps qu’il traque la perte de repères dans le monde actuel. Loin des modes et des effets de style, Dumont puise dans la grâce et la virginité professionnelle des comédiens qu’il choisit pour arriver à une véritable épure du réel dans la fiction. Sa filmographie compte cinq films, tous présentés en rétrospective dans le cadre des Rendez-vous, dont le plus récent, Hadewijch, présenté en primeur au Québec.
Les films que j’irai voir (et je ferai tout mon possible)
La dernière fugue, Journal d’un coopérant, L’amour au pays des orignaux, Ter, Porteurs d’espoirs,En ce temps-là: souvenirs des derniers jours de la colonie du Kenya, (que j’avais raté aux RIDM), Taqwacore: La naissance de l’Islam punk, Miroir noir, Baklava Blues. Donc, principalement des documentaires et les primeurs en long-métrage de fiction. Mais je vais tenté les courts métrages aussi… Le temps, ce fameux temps qui passe trop vite….
Les films que je vous conseille avant qu’une projection grand écran ne soit plus possible….
La théorie du tout, Hommes à louer, ..et la musique, Visionnaires planétaires, La belle visite, La donation, et j’en passe.
Allez hop! Au cinéma tous!




Leçon de cinéma – Fernand Dansereau
Fernand Dansereau - crédit photo RVCQ
Fernand Dansereau est un de nos piliers pour le cinéma documentaire et de fiction. Grand scénariste. Plus de 50 ans de carrière, ce n’est pas rien! Ce grand monsieur nous a donc concoté une leçon de cinéma samedi le 20 février lors des RVCQ. Une œuvre qu’il début comme journaliste au Devoir dans les années 50. Son sujet de prédilection : les questions ouvrières. Il entre par la suite à l’ONF qui démarre son studio francophone, il connaitra le bureau d’Ottawa et le déménagement dans la superbe (!) bâtisse de Côte-de-Liesse. Il est réalisateur, producteur et un des artisans du programme Société Nouvelle. Des films documentaires par, avec et pour les gens. L’expérience St-Jérôme est le classique du genre. Dans les années 60-70, le Québec est en pleine révolution culturelle. Il quitte en 70 pour se consacrer davantage à la fiction, à l’écriture dramatique. Le Parc des Braves, c’est lui. Plus récemment, il a signé le très bon documentaire Quelque raisons d’espérer sur son frère, le scientifique Pierre Dansereau et le film de fiction La Brunante. Et cette année, lancé aux Rendez-vous, son dernier opus documentaire - Les porteurs d’espoir.
Sa leçon de cinéma en fut une des plus généreuse. Il nous a ouvert son coffre à outils.
Primo, pour le documentaire ; il ne s’agit pas d’attraper la réalité, M.Dansereau ne croit pas à la réalité lorsqu’une caméra est en jeu, c’est une réalité altérée, sur-réel et transfigurer donc le cœur d’une démarche ne peut s’arrêter à cette quête, de capter le réel. Plutôt, il privilégie la relation. Le processus d’une relation avec les personnages. Et parlant de processus, on fait rarement le film qu’on pense faire. Le processus de faire le film est souvent plus intéressant que le résultat lui-même. Autre outil, la structure de construction du récit. Plutôt que d’avoir un sujet, il faut essayer de transformer le sujet en question, en forme binaire et entre les deux points, peut s’établir une tension dramatique. Et l’émotion. À quel moment les spectateurs seront touchés, et par quelle émotion.
Et finalement l’outil le plus nécessaire, conserver un certain positivisme. Faire du documentaire peut entraîner un certain découragement devant le syndrome permanent de la résignation qui fait du surplace…. Documentaristes, il faut faire son devoir de courage. Réaliste et critique. Et bien sur, les contraintes sont des ressources et avoir du plaisir!!!!
M. Dansereau a aussi pointé une nuance qui dévaste plus ou moins nos institutions et notre cinéma par les temps qui courent. Nous sommes en mode séduction. La différence entre charme et séduction. Prêcher la séduction, c’est vouloir plaire, ce sont les thèmes imposées par des institutions, des enveloppes à la performance, etc. Le charme, c’est la signature d’un auteur, la naissance d’un artiste. En bout de ligne, la séduction crée un cinéma très local, peut exportable et qui résonne peu dans l’universel…
Bref, il n’est pas amère du tout le monsieur. Mais bien humble, lucide. Tristesse et courage, des éléments nécessaires à la fabrication d’un rêve. Merci M.Dansereau.
Parlant de rêve, je vous invite à visionner la bande-annonce du très beau film – Les porteurs d’espoir.
ps1. Il a écrit un texte de 14 pages pour sa leçon de cinéma. J’essaie de le trouver et de vous le partager.
ps2. Entrevue avec lui sur le site Parole citoyenne.