Enfin. On y est. Quel exercice difficile. Je me promets d’attendre un autre 10 ans avant de répéter la chose! Et, je revois mes billets précédents (j’avoue que l’ordre est un peu chaotique….) et j’en ai oubliés…. Que faire? Faire un top 100? Je n’ai pas le temps, il faut que je fasse des cupcakes cet après-midi…. Ne vous fiez pas au titre…. mais je n’ai pas 10 films mais bien 11!
Pour ceux qui ont raté les précédents billets, les voici en lien.
Les meilleurs films de la décennie (1/ 5) – les positions 50 à 41
Les meilleurs films de la décennie (2/ 5) – les positions 40 à 31
Les meilleurs films de la décennie (3/ 5) – les positions 30 à 21
Les meilleurs films de la décennie (4/ 5) – les positions 20 à 11
Et je nommerai quelques oubliés (+ bas) (qui n’iront pas dans le top 10 et qui ne sont pas dans le top 50 non plus) mais commençons par le gros morceau…
Allons-y.
10.
Intervention divine (2002)
Un film d’Elia Suleiman
Suleiman surprend à tout coup. Il mélange les genres, frôle l’absurde, rigole, surprend et nous bouleverse. Suleiman est un des réalisateurs qui peut exprimer le désarroi, la rage, l’impuissance du peuple Palestinien. Poésie, surréalisme, drame, fantasme, on se croirait dans un cinéma expérimental. Mais n’est-ce pas un peu l’expérience palestinienne? Du délire ordonné, bravant métaphores après métaphores. Suleiman propose une approche cinématographique singulière sur une problématique complexe. Il nous désoriente mais est aussi notre guide. Heureusement qu’il et ses films sont là.
9.
Vals Im Bashir – Waltz with Bashir (2008)
Un film de Ari Folman
Un film courageux. Audacieux. Premier long métrage documentaire d’animation. Inspiré de l’histoire personnelle du réalisateur sur sa participation comme soldat lors de l’intervention militaire israélienne au Liban de 1982. Le film est sur la culpabilité. Celle des autres. La nôtre. Celle d’un peuple. Le film se termine sur des images documentaires réelles, filmées par la télévision britannique lors du massacre dans les camps de réfugiés palestiniens. Puissant. Inoubliable.
8.
Babel (2006)
Un film d’Alejandro Gonzalez Inarritu
Oui. Babel. Toujours dans le croisement d’histoires, à travers le monde, Maroc, à la frontière Mexique-EU, et au Japon. Un film qui illustre la mondialisation. Les liens à grande échelle qui nous unissent. La performance d’Adriana Barraza en nounou mexicaine est à couper le souffle. Les injustices qui nous pendent au nez. Un film fort, poignant et magnifiquement réalisé. Si tu veux être entendu, écoute….
7.
Lakposhtha parvaz mikonand – Turtles can fly (2004)
Un film de Bahman Ghobadi
Un pur moment de bonheur cinématographique. Un film qui nous plonge à la frontière turco-irakienne, en plein Kurdistan irakien, juste avant l’invasion américaine. Un enfant excelle dans l’installation d’antenne-satellite et craque pour une jeune fille, mère d’un enfant qui a presque un don de clairvoyance. La guerre, l’oppression à hauteur d’enfants. Un film d’espoir. De beauté fragile. Magnifique réalisation, sensible, de Ghobadi. Premier film tournée en Irak suite à la chute de Saddam et de son régime.
6.
Amores Perros (2000)
Un film de Alejandro González Iñárritu
Bon. Oui, je confesse, Alejandro González Iñárritu est pour moi un des grands réalisateurs des années 2000. Amores Perros, c’est un OVNI, un film qui reste longtemps dans la mémoire, dans les tripes. On sent déjà dans Amores Perros ce qui fera son cinéama de demain (Babel, 21 grams). Amores Perros, ce n’est pas seulement Iñárritu mais beaucoup le scénariste Guillermo Arriaga. Malheureusement, les deux hommes ne travaillent plus ensemble. Snif. Des histoires entrecroisées qui vont se rejoindre. Des mondes opposés qui se rencontrent. Magnifique réalisation. Un jeune acteur avec beaucoup de talent Gael García Bernal (qui en 2009 a produit l’excellent Sin Nombre). Bref, le cinéma mexicain se porte bien.
5.
Fa yeung nin wa – In The Mood for Love (2000)
Un film de Kar Wai Wong
Hong Kong. Entre l’Orient et l’Occident. Une histoire d’amour à chuchotements. Une lumière parfaite. Une musique qui est devenue classique. Un film à la fois élégant, charnel, nécessaire. Le classique de la décennie 2000. Et un grand réalisateur qui nous donna par la suite 2046 et My Blueberry Nights.
4.
Das Leben der Anderen – The life of Others (2006)
Un film de Florian Henckel von Donnersmarck
Le cinéma allemand m’a toujours étonnée par sa grande rigueur. La vie des autres ne fait pas exception et nous plonge dans une Allemagne de l’Est d’avant la chute du mur de Berlin. C’est instructif, intelligent et passionnant. Les acteurs sont excellents et l’histoire joue sur plusieurs niveaux de lecture. La surveillance de l’autre, les secrets et mensonges, au niveau micro et macro. Trahison, corruption et courage. Tout y est. Magnifique.
3.
Cidade de Deus – City of God (2002)
Un film de Fernando Meirelles et Kátia Lund
Wow, un film …comment dire..stupéfiant. Deux jeunes garçons dont les destins seront à l’opposé. Dans un monde de violence des favelas de Rio. Où ce sont les enfants qui mènent et font la guerre. L’amour quelques fois. Mais pratiquement sans espoir. Un film violent, troublant, d’une réalisation impeccable. Simplement un chef d’œuvre.
2.
Hunger (2008)
Un film de Steve McQueen
Malheureusement ce film n’est pas ou peu sorti sur nos salles. Avons-nous des salles? Ah oui, mais très peu… Bref, voyez-le en DVD. Incontournable. Michael Fassbender (extraordinaire) y joue le rôle de Bobby Sands, chef de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) qui a fait une grève de la faim dans sa cellule dans la prison britannique Maze en 1981. Avis aux cœurs sensibles. Le film est d’une violence, non pas visuelle mais violence sournoise que le réalisateur a illustrée brillamment. Le plan séquence de 17 minutes entre Bobby Sands et le curé devrait passer à l’histoire. Extraordinaire. Moment d’histoire et de cinéma. Pour les adeptes du travail de Steve McQueen, il prépare un film sur Fela Kuti.
1.EX AQUO
Sanxia haoren – Still Life (2006)
Un film de Jia Zhang-ke
Deux histoires en parallèle, sur les absences, et sur ce qui disparait. Une ville, une femme, un mari. Le temps qui passe, la société qui se désagrège. Film surprenant, entre docu et fiction et scène surréalistes. Des images qusi parfaites. Une histoire si cohérente qu’elle devient la réalité. tout est presque parfait. Un chef-d’œuvre.
1.EX AQUO
4 luni, 3 saptamâni si 2 zile – 4 Months, 3 Weeks, and 2 Days (2007)
Un film de Cristian Mungui
L’autre chef-d’œuvre. J’étais à Bucarest en novembre dernier et j’ai pensé à ce film. Que j’aimerais revoir. Un film qui m’avait jeté par terre. M’avait laissé sans voix, les yeux perlant de larmes. Le film raconte une journée dans la vie de deux jeunes femmes dans la Roumanie des années de Ceaucescu. Force, angoisse, horreur maligne d’une dictature, et des interprétations remarquables. Un TRÈS TRÈS grand film. Le cinéma roumain en plein essor. Au dernier FNC, j’ai eu l’occassion de voir Tales from the Golden Age, un film collectif de cette génération de cinéastes roumains (dont Christina Mungui)… Brillant. J’espère qu’il sera sur nos écrans. Pour voir la bande-annonce…
Voila!
Les oubliés et les mis de côté
Clint Eastwood, réalisateur dont j’admire le travail et qui a été très prolifique cette année, avec entre autres ; Mystic River, Million Dollar Baby, Flags of Our Fathers, Letters from Iwo Jima, Changeling, Gran Torino et Invictus qui est sorti dernièrement sur nos écrans. Hum….mon choix, Letters from Iwo Jima. J’ai seulement mis La femme qui boit de Bernard Émond mais La neuvaine et La donation mérite aussi une place dans le top 50. J’ai beaucoup aimé Elephant de Gus Van Sant mais il ne sera pas dans mon top 50. Et même chose pour Brokeback Mountain. Et Amélie Poulain. Et non, je ne suis pas un grande fan des films de Denys Arcand (en tout cas pour ceux des années 2000). Je n’ai pas vu Yi Yi d’Edward Yang alors je ne me prononcerai pas.
Je m’assume, c’est mon top 50!!!
J’espère que vous avez apprécié mon excercice et n’hésitez pas à commenter. Pour les amoureux du documentaire, j’ai aussi préparé une petite liste que je publierai demain, 1er janvier.
BONNE ANNÉE et bon cinéma!














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Mes meilleurs films documentaires
Bon. Promis. C’est ma dernière liste. Mais bon, je ne pouvais partir (2010) sans elle!
Étant productrice et grande amatrice de ce genre du réel, voici donc mes suggestions de documentaires. Lorsque vous irez faire une tour au club vidéo (quoique que certain risque d’être difficiles à vous procurer) ou quand vous désirez télécharger illégalement(!) ou légalement.
Les documentaires de la décennie (aucun ordre déterminé):
Être et avoir (2002)
Un film de Nicolas Philibert
Une année scolaire dans une école dans la région de l’Auvergne, en France. Un maître extraordinaire, des enfants éclairants. Le quotidien d’une salle de classe. L’enfance. La vie. Ce film a donné le coup d’envoi à une genre « film d’école »…Le Québec n’a pas donné sa place, il y a 538 fois la vie de Céline Baril, Histoire d’être humain de Denys Desjardins, La classe de Madame Lise de Sylvie Groulx, l’excellent …et la musique de Michel Lam, Classes de Maîtres de Luc Bourdon. Même le film Entre les murs, pourraient s’inscrire dans le genre… Mais n’ayez crainte, ce n’est pas propre aux années 2000. Georges Dufaux, André Melançon ont réalisé des films dans les écoles dans les années 60-70.
The Fog of War (2003)
Un film d’Errol Morris
Robert McNamara nous a quitté en 2009, alors why not? Pourquoi pas revoir ce devenu classique d’Errol Morris, grand documentariste américain. Il s’entretient avec Robert McNamara, personne et politicien influent et controversé de la scène politique internationale, qui nous dresse l’histoire récente de l’Amérique. The Fog of War est un film d’une grande pertinence qui sera toujours d’actualité. Puissant.
La vie moderne (2008)
Un film de Raymond Depardon
Une figure essentielle du documentaire des dernières années. Il est dans mon top 50 des films marquant de la décennie et je ne pouvais pas l’omettre dans cette liste. Du grand documentaire. Le réel filmé avec distance, respect et regard.
Up the Yangtzee (2007)
Un film de Yung Chang
Évidemment, après le chef d’œuvre semi-fiction, semi- documentaire Still Life (2006) de Jia Zhang-ke, pouvait-on faire mieu?. Presque. Up the Yangtze est une très belle expérience documentaire le long du fleuve Yangtze où se construit le plus gros barrage au monde, celui des Trois-Gorges, où les villageois sont expulsés. Les vies changeront pour toujours. Une diversité de personnages, une intimité avec les personnes, on se croirait presque en fiction.
Man on Wire (2008)
Un film de James Marsh
Le thriller! Le film retrace l’histoire de la traversée sur un câble d’acier par le funambule français Philippe Petit, à New York, entre les deux tours du World Trade Center, en 1974. Le film est monté comme un vrai thriller, présentant des scènes de la préparation de la traversée, des scènes rejouées et des interviews de participants de l’événement, à l’époque. Ça s’écoute sur le bout de la chaise (ou de son divan). On connait la fin mais le voir, on dirait que c’est pour la première fois et c’est tout simplement fascinant.
The Agronomist (2003)
Un film de Jonathan Demme
The Agronomist suit le parcours d’un véritable héros national dont la parole était l’arme de prédilection. Jean Dominique , animateur à la radio Haïti-Inter. C’est à partir de quelques entrevues captées au fil des ans et des exils que que le réalisateur Jonathan Demme a monté un excellent documentaire sur cet inépuisable militant. Et en histoire de fond, et non la moindre, celle d’Haïti et ses drames. Une leçon d’histoire et du très bon cinéma. Musique de Wyclef Jean.
The Three Rooms of Melancholia (2004)
Un film de Pirjo Honkasalo
Quel film! Ce film, magnifique, d’une beauté fascinante dépeint les effets de la guerre en Tchétchénie sur les enfants russes et tchétchènes. Nous visitons dans la chambre de nostalgie, respiration, souvenir, de St-Pétersbourg à Grozny aux camps de réfugiés, le film est teinté d’une tristesse inouïe, celles d’enfances sacrifiée pour des guerres d’adultes.
Description of a Memory
Un film de de Dan Geva
Dan Geva est un pur héritier de Chris Marker. En 1960, Chris Marker réalise Description d’un combat, un documentaire enthousiaste consacré à Israël. Cinquante ans plus tard, le cinéaste israélien Dan Geva tourne Description of a Memory, un écho au film de Marker. Dan Geva réinvestit les images et le texte de Chris Marker. Il y juxtapose son propre travail dans un processus qui montre Israël aujourd’hui comme le pays prédit. Relecture d’un temps écoulé.
War Photographer (2001)
Un film de Christian Frei
Un film sur le photographe James Nachtwey. Un film sur un homme aussi engagé que timide, considéré comme le photographe de guerre le plus important et le plus courageux de notre époque. Images, éthiques, souffrances. Des grandes questions. Une grande réflexion.
Flying confessions of a free woman
Un film de Jennifer Fox
Ce n’est pas un film mais plutôt une mini-série, avec en vedette nulle autre que Jennifer Fox. C’est une docu-kind of soap…(6 x 1h) c’est l’histoire de sa vie, comme femme, comme réalisatrice, devant et derrière l’image. C’est quoi être une femme aujourd’hui? Mais pas seulement être une femme telle que … Jennifer Fox. Les femmes au Pakistan, en Afrique du Sud, en Europe. C’est complexe à décrire ici alors voyez-le!!! Extrêmement intéressant d’un point de vue féministe et démarche documentariste.
My Architect (2004)
Un film de Nathaniel Kahn and Susan R. Behr
Architecture et identité. Un fils qui cherche son père. Ce film est profondément émouvant et fascinant. On découvre l’œuvre géniale de l’architecte Louis Kahn à travers la quête identitaire bouleversante de son fils. On le suit de près dans sa quête patiente, visite les bâtiments construits à travers le monde, cherche à s’approprier leur espace. Ce documentaire parvient à joindre le récit intimiste du fils, à la portée universelle de l’architecture du père, visionnaire.
The Monastery
Un film de Pernille Rose Gronkjaer
C’est une drôle d’histoire. Une rencontre entre un vieil ermite (82 ans) et une jeune religieuse. au pays du Danemark. Il veut léguer son château à l’église orthodoxe de Russie. Elle sera responsable des opérations. Un duel tout en subtilités, humour et tristesse se contruit sous nos yeux. Le scénario est étonnant, on se croirait en pleine fiction avec d’excellents comédiens. Mais non, c’est le réel. Un bien drôle de réel.
Darwin’s Nightmare
Hubert Sauper
Film polémiste. Documentaire de création. Mondialisation. Le réalisateur conjugue avec pêcheurs, politiciens, pilotes russes, prostituées, industriels et commissaires européens,…Ils y sont les acteurs d’un drame qui dépasse les frontières du pays africain. Il y a eu tout une polémique en France suite au lancement et succès du film. La beauté de ce film, c’est justement le débat sur la démarche, l’éthique et la création de l’acte documentaire. Voyez-le et on s’en reparlera.
Grizzly Man (2005)
Un film de Werner Herzog
Film étrange mais fascinant et à la fois troublant. Werner Herzog explore avec subtilité et complexitié Timothy Treadwell, écologiste mort de sa passion pour les ours. Cet homme, qui tentait de protéger les grizzly du bracconage, cherchait à vivre avec eux, comme eux, devenir aussi sauvage. Avec du matériel filmé de l’écologiste et des entrevues des proches, on découvre un personnage proche de la paranoïa, de la désillusion du monde des hommes. L’humain et l’animal, un drame psychologique.
Mon top 5 des documentaires québécois…
Les trois princesses pour Roland (2001)
André-Line Beauparlant
L’esprit des lieux (2006)
Catherine Martin
L’atelier de mon père (2008)
Jennifer Alleyn
L’encerclement (2008)
Richard Brouillette
Hommes à louer (2007-2008-2009…..)
Rodrigue Jean
Le belle visite (2009)
Jean-François Caissy
et tout plein d’autres mais j’aime souffrir, alors en choisir 5…c’est pas facile!
Pour jeter un coup d’œil sur d’autres top-décennie sur la question documentaire: