Archives par tag : Littérature

Mes lectures du moment et à venir…

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J’ai découvert ce widget, Shelfari sur l’excellent blogue de Jonathan Bélisle, alias Wuxia, alias le Renard, alias Hello Architekt!  Malheureusement, ils n’ont pas tous les titres francophones mais je réalise aussi que je lis pas mal moitié-moitié. :)
Le widget est gratuit et d’une simplicité exemplaire.

Alors, voilà ce qui se trouve sous mon bureau, sous mon lit, sur la table de la cuisine, sur le sofa, bref, mes lecture du moment et celles à venir. Hésitez pas à commenter si vous avez des questions ou autres choses agréables à me dire!

Shelfari: Book reviews on your book blog

J’aime – Burquette tome 2

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J’ai eu la chance de travailler avec les talentueux Francis Desharnais et Philippe Venne en 2003, lors du lancement du film Rumeurs du collectif d’artistes Kiwistiti, basé à Québec. La Burquette (tome 1), déjà paru aux Éditions des 400 coups annonçait déjà un artiste sensible, engagé et drôlement décapant. Et cette bande-annonce démontre bien aussi que la video virale sur le web est un très bon moyen de mettre en marché un livre de bd…

À suivre!

Huis Clos de Jean-Paul Sartre au TNM

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Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango

Ah le théâtre! Quel moment délicieux, de voir en chair et en os une création prendre forme, dans un décor, sous des éclairages, mise en scène, interprétée et tout est là. Vraie. Pas figée sur un écran. J’adore les écrans mais une soirée au théâtre, ça remet le plancher aux vaches (!).

Magnifique cadeau de la metteur en scène et directrice artistique du Théâtre du Nouveau Monde Lorraine Pintal que j’ai eu la chance de rencontrer lors des enregistrements du concours Le dernier mot à Radio-Canada. Elle anime avec brio mon émission littéraire favorite, Vous m’en lirez tant.

Donc, lundi soir, la générale de Huis Clos. Pièce de Jean-Paul Sartre, avec Pascale BussièresSébastien DodgeJulie Le BretonPatrice Robitaille .

Puissant. Très bonne interprétation des comédiens, particulièrement Patrice Robitaille. Le décor est fascinant, le Huis-Clos est ouvert et tragiquement fermé, brillant.

Évidemment, après 1h40 de défilement des mots de Jean-Paul Sartre, c’est la puissance du texte qui nous habite encore le lendemain!

L’enfer c’est les autres écrit Sartre. Il a bien raison mais il va encore plus il dans son raisonnement…

J’ai trouvé ceci. (continuer à lire ne devrait pas modifier votre expérience théâtrale…)

Texte dit par Jean-Paul Sartre en préambule à l’enregistrement phonographique de la pièce en 1965. Ces textes ont été rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka – Folio essais- Gallimard 1992.

J’ai voulu dire : l’enfer , c’est les autres. Mais « l’enfer, c’est les autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’étaient toujours des rapports infernaux. Or, c’est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut-être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons ses connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Deuxième chose que je voudrais dire, c’est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnages que vous entendrez dans Huis Clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes vivants et qu’ils sont morts. Bien entendu, ici » morts » symbolise quelque chose. Ce que j’ai voulu indiquer, c’est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d’habitudes, de coutumes,, qu’ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu’ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts. En ce sens qu’ils ne peuvent briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes; et qu’ils restent ainsi victimes souvent des jugements qu’on a portés sur eux. A partir de là , il est bien évident qu’ils sont lâches ou méchants par exemple.

S’ils ont commencé à être lâches , rien ne vient changer le fait qu’ils étaient lâches. C’est pour cela qu’ils sont morts, c’est pour cela, c’est une manière de dire que c’est une mort vivante que d’être entouré par le souci perpétuel de jugements et d’actions que l’on ne veut pas changer. De sorte que , en vérité, comme nous sommes vivants , j’ai voulu montrer pr l’absurde, l’importance chez nous de la liberté, c’est à dire l’importance de changer les actes par d’autres actes. Quel que soit le cercle d’enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c’est encore librement qu’ils y restent . de sorte qu’ils se mettent librement en enfer.

Vous voyez donc que, rapports avec les autres, encroûtement et liberté , liberté comme l’autre face à peine suggérée , ce sont les trois thèmes de la pièce. Je voudrais qu’on se le rappelle quand vous entendrez dire : « l’enfer c’est les autres. »

—tiré du site À la lettre

Allez, au théâtre tous!

Mais que lit Stephen Harper?

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Yann Martel

Vous avez surement entendu parler de l’initiative de Yann Martel – Que lit Stephen Harper? À toutes les deux semaines, ce dernier envoie (et il continue toujours)  à notre cher premier ministre des suggestions de lecture. Un livre a été même été publié sur ces suggestions! L’aventure se poursuit, il publie même les réponses laconiques du service de correspondance de notre pm… Peu importe si Harper les lit (qu’il nous surprenne), il s’agit d’une véritable incursion dans le monde de la grande littérature, celle du sens, des classiques, des grands écrivains. Bref…, adoptez-la!

Mais pourquoi je vous le partage aujourd’hui, c’est pour ceci… :)

Yann Martel est l’auteur du roman L’histoire de Pi qui lui a valu le Man Booker Prize.

Rhajdani Express

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Pour ceux qui ont raté l’émission, je publie mon texte/slam/rap que j’ai écrit pour le concours Le dernier mot à l’émission Vous m’en lirez tant, sur la Première chaîne de Radio-Canada.
********
New Delhi.
Par ici la démocratie chaotique.
Prendre le train devient acte héroïque.

Se faufiler dans la mêlée.
Entre tous ces corps, m’élancer, éperdue.
Un regard masculin m’effeuille, l’effronté.
Sur le quai, je suis nue.

Dépaysée, je m’enfonce dans le Tiers-Monde.
Le wagon-des-gens-qui-n’ont-rien.
Mais je n’ai rien à voir avec ces faux vauriens.
Billet indique 2AC-15D. Le train gronde.

Direction compartiment AC – Air climatisé
Non, Air contaminé d’une drôle d’espèce.
Ces néo-bourgeois mal élevés.
Rhajdani Express, tu me transformes en princesse.

J’affronte l’effronté.

Tu fumes. Rhabille-moi. Tu m’allumes.
Nos corps transpirent. Désir acharné. Harnache-moi.
La vitesse enivre. Empêche-moi, dépêche-toi.

Ton baiser insiste, résiste, tendre insurgé.
Tes mains en émoi. Tes doigts en moi.
Une étreinte. Nous sommes siamois.
Peut-on étreindre aux pays des milliards éreintés?

Rhajdani Express, tu me transformes en princesse
Couverte d’or aux intentions provocantes
Et toi prince qui me hante !

Basculée, bousculée, j’ai dérapé.
Jambes tremblantes, joues rosées, coeur éclaté.
Les villages se suivent, s’ensuit la nuit.
Ivrognerie du désir, je broie du gris.

Au doux matin, je t’ai retrouvé.
Ton dernier sur tes genoux. Ta femme à tes côtés.
Krishna, Allah, Bouddha, Vishnou
délivrez-moi, soulagez-nous!

Bombay. Le train entre en gare.
Décompte, décombre.
Il est trop tard.

Voyage intime avec Dany Laferrière aux RVCQ

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Vous l’avez raté lors des RIDM? Vous avez raté la projection à TV5.

Vous êtes chanceux, vous pourrez revoir LA DÉRIVE DOUCE D’UN ENFANT DE PETIT-GOÂVE aux prochains Rendez-vous du cinéma québécois.

Pour souligner les 25 ans de son premier roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, un documentaire retrace le parcours de DANY LAFERRIÈRE, voyage intime de l’un des écrivains les plus originaux des dernières décennies.

Le vendredi 19 février 2010 à 17h15
La projection du film sera suivie d’une discussion avec Dany Laferrière animée par Marie-France Bazzo.

Pour visiter Haïti d’avant.

Le silence n’existe pas à Port-au-Prince qu’entre une heure et trois heures du matin. L’heure des braves. La vie ne peut qu’être publique dans cette métropole étonnamment surpeuplée (une ville construite pour à peine deux cents milles habitants qui se retrouve aujourd’hui avec près de deux millions d’hystériques)…
Tiré d’Un pays sans chapeau, 1996, Lanctôt

Avoir le dernier mot…!

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Mon père a toujours été un modèle pour moi concernant l’art d’avoir le dernier mot. Je me rappelle même qu’il me tapait sur les nerfs quand j’étais plus jeune. Aujourd’hui, je crois que les rôles se sont inversés….et je lui tape sur les nerfs, j’en suis convaincue…:)

Peu importe, la bonne nouvelle à la ténacité du vouloir du dernier mot, mon amour de la littérature, mon envie constant de jouer avec les mots, ben… j’ai craqué.

J’ai craqué pour le concours Le Dernier mot à l’émission Vous m’en lirez tant consacré à la littérature à la première chaîne de Radio-Canada. Dimanche dernier, jour limite, à deux heures du deadline, j’ai écrit les 200 mots nécessaires.

Et bonne nouvelle. Je suis finaliste.

Et maintenant, je me tape sur les nerfs. Je vous au tiens au courant des dates de diffusion…

En ce premier lundi de décembre…

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Le rituel tient la route pour la deuxième semaine consécutive. Bravo!

Primo, je vous partage une photo que j’ai prise dans le métro cette semaine. JE N’EN PEUX PLUS DES PUBS des guichets de la Banque Laurentienne… Alors j’ai triché un peu.Par ici les pubs…!!!

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RESTO
Café Griffintown. On m’en a dit beaucoup de bien mais je vais le tester cette semaine. Il paraît que les brunchs sont décapants et très bon rapport qualité/prix. J’adore le décor. Et le soir, il y a des concerts , contre-basse, etc. Charmant.
1378 Notre-Dame ouest.

CINÉMA
J’en ai parlé plus tôt cette semaine et je vous le recommande grandement :  H2Oil. Plus, le documentaire Visionnaires Planétaires de Sylvie Van Brabant. Plus, si vous vous sentez les larmes au coin de l’œil et vous sentez la pression digne de la mer Rouge, courez voir Brothers. Pâle copie d’un film danois de Susanna Bier, le réalisateur Jim Sheridan installe tout de même un climat tendu au sein d’une famille écorchée par la guerre. Celle qui revient hanter ses hommes.

On dit du grand bien l’excentrique film d’animation Panique au village.


Robert Morin, l’enchanteur

Cinéaste à part, Robert Morin nous invite à vivre sa dernière aventure.  Son prochain film, Journal d’un coopérant, tourné au début de l’été dernier au Burundi, nous est présenté sous un blogue…. Un blogue tenu par Jean-Marc Phaneuf, un électronicien québécois engagé dans la coopération internationale. Jean-Marc, c’est un personnage. Tenu par Robert Robert Morin.

Les frontières ont éclaté.  Enfin une expérience où le web croise la fiction et la fiction se mêle à nos propres identités. Donc, à visiter journalduncooperant.com… et à suivre la création du film avec un véritable maître des faux semblants…

LIVRES
610176Emmanuel Carrère, vous connaissez? L’excellent auteur des romans « Un roman russe, La classe de neige, La moustache, L’adversaire » et j’en passe..bref, il est prolifique, a même été derrière la caméra pour les adaptation de ses romans La classe de neige et La Moustache.

Je suis littéralement (le mot est faible) plongée dans son dernier récit D’autres vies que la mienne... aux éditions POL. Fort, poignant, vrai. Ses mots sont d’une force de frappe qui fait mal, qu’on ne peut pas oublier. Jamais il ne tombe dans la facilité. Ses mots suent la vérité. Emmanuel Carrère – c’est de l’intensité en condensé. Voir l’article dans le Magazine littéraire.

Et je vous reparlerai plus en détails du livre des entretiens du cinéaste Bernard Émond avec l’autre cinéaste Simon Galiero -La perte et le lien.

Quelques hyperliens

Timeline des réseaux sociaux
The blind men and the elephant: A case for transmedia storytelling.
Projet Canvas launched

Et dans vos oreilles, le dernier album de Chloé Ste-Marie – Nitshisseniten e Tshissenitamin (Je Sais Que Tu Sais).

Bonne semaine et vivement de la neige qui reste au sol…

Bon lundi – suggestions

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J’essaierai de tenir ce rituel entre vous et moi…

Quoi de mieux qu’un lundi pour faire du ménage, classement, etc, des restes des semaines précédentes! J’adore les lundis pour cela. Se préparer au mardi! Alors, voila, tous les lundis, je vous proposerai des liens web, suggestions de film, livres, mp3s, 9,99$ vite dépensés sur IStore, resto, etc.

Je consomme beaucoup de culture et autres substances non-illicites. Alors faut que ça sorte. Partager qu’ils disaient. Non-exclusivitié qu’on nous largue (ça, ça fait longtemps que je le dis)…. Enjoy!

RESTO!
Et dans mon quartier en plus, sur la Pointe. Se prénomme Café Charleys Pointe. Des brunchs le samedie t dimanche à partir de 10h. Très bons lunchs, bouffe maison, inventive et pas très cher! À découvrir. 2251 Wellington, coin d’Hibernia.

MUSIQUE!
Je suis une fan finie mais quand même…. il n’en perd pas trop le Tom Waits. L’album Glitter and Doom (Live) . Il s’agit d’une colleciton de 17 chansons des meilleurs performances de Tom Waits lors de sa tournée Glitter and Doom aux États-Unis et en Europe au cours de l’été 2008. Donc, ses classiques et des moins classiques revus et non-corrigés… Excellent. Le vrai et bon Tom Waits éclectique à souhait. Voix toujours caverneuse et sensuelle. Fan finie, j’ai dit.

Ha oui, et vivre éclectique!, j’ai aussi consommé le deuxième album de FatBoy Slim, You’ve Come a Long Way, Baby (1998). Excellente musique pour travailler devant l’ordi passé 23h30… très bon album…electronica, house, big beat!

FILMS
Voici deux suggestions. Bon cinéma!

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LA DÉRIVE DOUCE D’UN ENFANT D’UN ENFANT DE PETIT-GOÂVE from Pedro Ruiz on Vimeo.

LECTURES
Si vous n’avez toujours pas lu le dernier chef-d’oeuvre de Dany Laferrière, svp faites!
L’énigme du retour.

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Durant mon passage à Istanbul, j’ai replongé dans le merveilleux monde de Orhan Pamuk et son livre-mémoire sur sa ville natale Istanbul. Et remarqué dans les librairies sur Istikal son nouveau-né, nouveau roman, seulement en anglais pour le moment, The Museum of Innocence. Si ça vous intéresse, un extrait a été rendu disponible sur le site du New Yorker en octobre dernier. C’est bon! J’ai hâte de le lire en français……

Lui aussi, c’est nécessaire dans votre expérience de lecteur, gagnant du prix Nobel en 2006 et du Médicis en 2005.  Au-delà des prix, ses écrits valent le détour. Istanbul aussi.

LIENS WEB sur tout plein de trucs mais précisément le web-documentaire et ce qui tourne autour.

La fabrique du blog
Social Media Today
FredCavazza
Jawbone.tv

Bonne fin de lundi! Et à la semaine prochaine!

Jean-Christophe Rufin

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Entre deux films et deux dépôts pour essayer de vivre d’art et d’inspiration, je lis. Toujours trop mais bon, je suis livromaniaque ou bookalcholic, c’est selon.

Je vous résume quelques unes de mes lectures. Jean-Christophe Rufin. Ha ce Rufin, presque un classique. J’avais dévorer Sauver Ispahan, Rouge Brésil, Globalia par la suite et plus récemment La parfum d’Adam, roman sur des plans terroristes d’une organisation d’écologistes extrêmes…. Rufin est un homme intéressant. Son parcours de vie, médecin, par la suite à la tête de Médecins sans frontières et romancier. Romancier très exigeant, qui s’inspire de faits réels ou proches d’une réalité à venir.

jean-christophe-rufin

Jean-Christophe Rufin

Bref, j’avais pratiquement tout lu son oeuvre mais il me manquait ses essais, que j’ai lus avec grand intérêt, le sujet de l’humanitaire m’a toujours fasciné. Le Piège humanitaire. Quand l’humanitaire remplace la guerreL’empire et les nouveaux barbares, et L’aventure humanitaire. Je vous conseille fortement de lire ces essais si vous travaillez dans l’humanitaire, si vous y aspirer ou si vous êtes curieux. nb: Je les ai lu en vacances, curieux paradoxe de réfléchir sur les inégalités cruelles de notre monde confortablement étendue sur le bord d’un lac. Mais les paradoxes ne me tuent pas…alors!

Côté roman, je n’avais pas lu Les causes perdues, publié en 1999. Magnifique. J’ai dévoré. En 1985, l’Éthiopie est ravagée par la guerre d’indépendance que lui mène sa voisine l’Erythrée. Les missions humanitaires doivent-elles collaborer et par là même cautionner le régime dictatorial, ou bien doivent-elles abandonner les réfugiés à leur sort ? Cette histoire de famine que dirigeait les gens au pouvoir contre la population locale avait choqué bien des gens. Nous étions aussi submergés des images de la famine. Bref, difficile de cerner le bien et le mal. Ce roman de Rufin, qui était en Éthiopie dans les années 80 est passionnant et sans jamais tomber dans le moralisme, nous faire réfléchir sur notre propre morale.

Et pour finir sur Rufin, son dernier né, un roman autobiographie, ou plutôt une autobiographie romancée : Un léopard sur le garrot.

leopradJ’adore lire des biographies mais j’ai plus de difficultés avec les autobiographies. Pourtant Rufin m’a bien eue. Plus de la moitié du livre est consacré à sa vie de médecin, bien avant qu’il ne se mettre à parcourir la planète. Et c’est fascinant, il nous décortique le métier de médecin mais également la philosophie derrière. De la médecine, Jean-Christophe Rufin imaginait un art esthète, plus philosophique que pratique. Il s’y engage comme on entre en religion, plein d’idéaux qui se transformeront en désillusions. Rufin revit ces années de désenchantement, qui l’empêche de respirer. C’est d’abord dans l’humanitaire que Rufin retrouve sa souffle. Au sein de Médecins sans frontières, puis d’Action contre la faim, ses rêves se heurtent à la politique internationale.

Et finalement la littérature qui sera une véritable libération.  Et c’est l’écrivain qui se livre. Alors il nous offre encore une très belle aventure. Avec Rufin dans le premier rôle.

Rufin est actuellement ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie. Il a été élu membre de l’Académie Française en 2008 et lauréat de nombreux prix littéraires.