Mes visionnements de la semaine. Deux films assez différents merci! En salle ce vendredi… Je vous en reparle!
Harry Brown, un film de Daniel Barber
Le père de mes enfants, un film de Mia Hansen-Love
Mes visionnements de la semaine. Deux films assez différents merci! En salle ce vendredi… Je vous en reparle!
Harry Brown, un film de Daniel Barber
Le père de mes enfants, un film de Mia Hansen-Love
En ouverture du festival du cinéma israélien de Montréal, le puissant, provocateur et troublant Lebanon, premier film de Samuel Maoz.
« Je venais d’avoir 19 ans en mai 1982. La vie était belle. J’étais amoureux. Ensuite on m’a demandé de partir sur une base militaire et d’être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Cela devait être une mission d’une journée toute simple mais ce fut une journée en enfer. Je n’avais jamais tué quelqu’un avant cette terrible journée. Je suis devenu une vraie machine à tuer. Quelque chose là-bas est mort en moi. Sortir ce tank de ma tête m’a pris plus de 20 ans. C’est mon histoire ». – Samuel Maoz
Véritable catharsis auto-biographique, le film Lebanon nous cloue dans notre siège. Légèrement stressant et claustrophobique. Tout est filmé à l’intérieur du tank et vu du tank. Tout un défi, brillamment relevé au plan cinématographique.
Lebanon nous entraîne au cœur d’un char israélien lors du premier jour de la guerre du Liban (celle de 1982). Parti-pris du réalisateur Maoz est de ne jamais nous faire quitter ce char. On vit à l’intérieur, on visite l’intérieur et on voit l’extérieur de la lunette du tireur. L’équipe va perdre son innocence et les ravages de la guerre ne nous sont pas épargnés. Deux options que le réalisateur marie avec une incroyable dextérité. Puissant. Provocateur et troublant car ici, on nous montre la version côté bourreau. Sans artifice, sans culpabilisation. Sur cette note, le film Lebanon détone du puissant Waltz with Bashir, qui entraînait les spectateurs dans le processus d’une auto-réflexion sur l’acte guerrier…. et sur la puissante culpabilité.
Ici, Samuel Maoz, n’est pas dans cette quête. Son film est brut, froid, quasi apolitique – il faut voir la scène où un soldat israélien demande ce que sont les phalangistes….). Le réalisateur de Lebanon tient son parti pris, ne s’excuse pas et ne démord pas de la libération de ses propres démons. Cette journée infernale en mai 1982, où il est devenu un tireur fou…
PS. Ça m’a fait pensé à Das Boot de Wolfgang Petersen, épopée claustrophobique dans un sous-marin allemand mais en moins puissant.
Voici la bande-anonce.
Du 2 au 12 mai 2010 se tient la cinquième édition du Festival du cinéma israélien de Montréal. Festival interallié avec l’édition de Paris, encore cette année, nous apporte une programmation riche, audacieuse et diversifiée. À l’image du cinéma israélien. Un minuscule territoire qui produit plus de 15 films par années, des films qui remportent des prix importants dans de nombreux festivals. Plus, des films qui étonnent par leur courage, leur auto-confrontation et la rigueur des démarches cinématographiques.
Dans les années 90, cinéma israélien signifiait trop souvent l’homme d’un seul homme, Amos Gitai. Yom Yom, Kaddosh, Kippur et par la suite, Free Zone et Promised Land ont fait d’Amos Gitai le porte-parole d’un cinéma pourtant très éclectique. Les oeuvres Avi Mograbi sont à souligner. Il a construit une œuvre plutôt unique dans le panorama mondial. Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Arik Sharon, Happy Birthday, Mr Mograbi !, Août, avant l’explosion et Pour un seul de mes deux yeux et Z 32.
Bref, le cinéma israélien, un cinéma d’auteur, indépendant et bien soutenu par l’état. Depuis le début des années 2000, Israel Film Foundation s’est tourné vers la proactivité en vue de financement et de coproductions internationales, la plupart européennes. Et ça a marché!
Voici une liste non exhaustive de films israélien qui valent le détour :
Mariage tardif (2001), Dover Kosashvili
Mon trésor (2004), de Keren Yedaya
Avanim (2004), de Raphaël Nadjari
Beaufort (2008), de Joseph Cedar
Waltz with Bashir (2008) de Ari Folman
Lemon Tree (2008), d’Eran Nikklis
Jaffa (2009), de Keren Yedaya,
Eyes Wide Open (2009) – Tu n’aimeras point de Haim TabakmanAjami (2009),
Lebanon (2009) de Samuel Maoz
Ajami (2009), de Scandar Copti et Yaron Shani
Bref, un cinéma en éclosion, qui remet en question des sujets délicats (traumatisme ou du crime de guerre, de l’aliénation des femmes, de la marginalisation ethnique ou de l’intégrisme religieux) pour une société divisée entre modernité et tradition, les pieds joints dans des guerres interminables avec ses voisins. Pertinent et paradoxal à la fois. Soutenu par l’état, ce cinéma choque son propre public. Pour cela, il faut saluer le courage de ses créateurs et la force de leur liberté. Encore bien fragile.
Je vous laisse sur ces deux bandes-anonces. Ajami, qui est salle et qui est un grand film. Je vous le recommande chaudement.
Et Tu n’aimeras point qui sortira peut-être en salle suite au festival…. Mais pour le voir rapidement c’est ce soir, jeudi le 6 mai, à 21h, au Cinéma du Parc.
El secreto du sus ojos – un film de Juan José Campanella
Film gagant de l’Oscar du meilleur film étranger (Argentine)
Le déjeuner du 15 août – un film de Gianni Di Gregorio
Présenté à la Mostra de Venise l’an dernier, se méritant le prix du meilleur premier film, la première réalisation de Gianni Di Gregorio qui avait coscénarisé le troublant Gomorra.
Coco Chanel et Igor Stravinsky
Par Jan Kounen, le réalisateur de ‘99 F’, d’après le roman ‘Coco & Igor’ de Chris Greenhalgh
Disgrace – un film de Steven Jacobs
Based on the Booker Prize-winning novel, DISGRACE stands out as a gritty, gripping drama of brutality, survival and hope.
Essayons de faire fi du scandale autour de l’homme et cinéaste Roman Polanski. Son dernier opus, The Ghost Writer sort sur nos écrans très bientôt… Le film a gagné l’Ours d’argent à la dernière Berlinale…
Voici la bande-annonce

Je cherche les mots. Difficile de cerner cette œuvre magistrale. Rappelez-vous : Le ruban blanc a gagné de nombreux prix, dont la très convoitée Palme d’or au dernier festival de Cannes. Et le film est le candidat sérieux pour l’Oscar du meilleur film étranger.
Michael Haneke livre des œuvres puissantes.Son cinéma est souvent froid, intellectuel, distant. Mais aussi complexe et révélateur de tensions. À la fois dans le propos, dans la cinématographie et dans l’objet qui demeure en nous. J’avais hâte de respirer après avoir vu le film. C’est dur et intelligemment insoutenable.
Haneke nous transporte dans un village puritain, produit d’un luthéranisme vigoureux, au nord de l’Allemagne à la veille de la Première Guerre Mondiale. Du noir et blanc de toute beauté. Une fable racontée par un habitant du village. Des événements étranges se succèdent. Qui sont les coupables? Quel est le lien entre les événements? Ne comptez pas sur Haneke pour vous aidez à dénouer l’intrigue. C’est votre problème. Et vous aurez votre propre interprétation.

Il n’est pas tendre Haneke. Mais au contraire d’un certain cinéma qui montre la violence dans tout son sang, coups, et bas instincts, ici, on est dans une œuvre d’art qui ne montre rien. Mais votre propre imagination fera le reste. Et soyez avertis. Ça frappe.
Le film vacille entre la dénonciation des société répressives, de l’héritage d’une malveillance, de l’abus de pouvoir et de l’enfance bernée par l’adulte. Et vice-versa. Quand la violence ne peut que dénoncer une autre violence. Une déshumination de l’être. Quand les avoirs sont aveuglants. Les avoirs de la raison et de l’irrationnel.
Le ruban blanc, c’est probablement le meilleur film de l’année 2009. Mais il sort en salle le 5 février prochain, donc en 2010. Mais il sera certainement dans mon palmarès de 2010. Grand film.
Alors, allez-y. Mais vous êtes prévenus.
****MISE À JOUR****
Mon palmarès des meilleurs films de la décennie a commencé… Il est ici.
Les meilleurs films de la décennie par moi-même!!!
N’hésitez pas à commenter!
****MISE À JOUR****
En vue de notre dernière émission de l’année de Cinéfix à CIBL qui approche à grand pas, j’essaie de faire mon propre palmarès des meilleurs films de l’année mais aussi de la décennie qui se termine….
Quel exercice épouvantable! J’ai vu trop de films, de très bon films et en plus, je suis certaine que je ne me rappelle pas de tout ce que j’ai vu. Et ce n’est pas évident du tout de mettre un ordre à tout cela….
Bon. Je travaille là-dessus. À suivre dans un prochain billet.
Je vous envoie donc mes documents de recherche, les palmarès des autres… Ils commencent à se publier mais soyez sans inquiétude, j’en rajouterai, nous croulerons complètement sous les palmarès, rétrospectives, etc très bientôt… et pas juste de l’année mais aussi de la décennie… Préparez votre bac de recyclage pour de l’extra papier ou vos yeux pour de l’extra lecture-écran!
AVIS: Il y en a pour tous les goûts.
Guardian – The top 10 films of 2009 you probably won’t have seen
Rotten Tomatoes – Worst of the Worst of 2000-2009
Paste Magazine – The 50 Best Movies of the Decade (2000-2009)
Telegraph (UK) – The films that defined the noughties
Huffington Post – Best International Films of the Decade So Farr - by John Farr
La Cinémathèque de Toronto – The Best of the Decade: An Alternative View
La Cinémathèque a demandé l’avis d’experts de partout à travers le monde pour sa liste, incluant des représentants du Museum of Modern Art de New York, du British Film Institute, du Festival international du film de Vancouver et du FILMeX de Tokyo.
Times Online (UK) – The 100 Best Films of the Decade
Même un groupe Facebook a été créé …. Avec des suggestions de dizaines d’utilisateurs!!!
IndieWire Blog Network, The Best Films Of The Decade
Souhaitez-moi bonne chance
When you can’t change things, you can always change the way you look at them.
Des aphorismes, vous connaissez? Je vous donne la définition de Wikipedia : L’aphorisme, du grec aphorismos αφοριζειν (« définir, délimiter ») est une sentence énoncée en peu de mots — et par extension une phrase — qui résume un principe ou cherche à caractériser un mot, une situation sous un aspect singulier[1]. D’une certaine manière, l’aphorisme se veut le contraire du lieu commun. Par certains aspects il peut se présenter comme une figure de style lorsque son utilisation vise des effets rhétoriques.
Par exemple, Coluche disait « L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres ».
Continuons. Un aphorisme est une pensée qui autorise et provoque d’autres pensées, qui fraye un sentier vers de nouvelles perceptions et conceptions. Même si sa formulation semble prendre une apparence définitive, il ne prétend pas tout dire ni dire le tout d’une chose….
L’aphorisme, bien que ressemblant aux autres formes déclamatoires comme le proverbe ou la maxime, ne doit cependant pas y être confondu. En effet, l’aphorisme se fonde au contraire sur des propositions antithétiques, contrairement à la maxime qui met en scène le paradoxe. L’aphorisme est donc proche de figures de style telles la contradiction, la symétrie, le parallélisme ou encore l’antithèse. L’aphorisme est néanmoins formellement proche de la maxime : fondé sur la copule du verbe être, et sur la comparaison ou l’analogie. (tiré de Wikipedia)
Lors des RIDM, j’ai rencontré un aphorisme. Un être simple mais paradoxal. Un cinéaste brillant et invisible à la fois. Un film d’une grand intelligence, d’un humour mordant. Boris Mitic, de Dribbling Pictures, est venu à Montréal présenter son film Goodbye, How are you?. Je vous invite à visiter son site pour visionner des extraits.
Le synopsis : A 3‐year adventure. 50,000 klicks in the Balkans. 400 clichés. 1 narrator who doesn’t believe any of it. 100s of images and stories reminiscent of a Chris Marker collage. One incisive portrait of a world in transition. 60 minutes of laughter and thought. One brave hero with no one to fight. Oh, and aphorisms—too many to count. An absurd, irreverent fairy tale about love, life, politics and war, Goodbye, How are You? stakes out a brilliant return to the field of avant‐garde documentary film by Serbian writer and director Boris Mitic.
Je me suis moi-même nommée responsable de ses ventes au Canada!!! Ce bijou d’esprit doit se retrouver à la télévision, question de lui donner des lettres de noblesse (je parle de la TV). Je vous tiens au courant de mes démarches (!).
C’est un voyage au cœur de la Serbie, de l’âme serbe. Très intéressant.
Et comme j’ai de la suite dans les idées, j’ai rencontré Boris, en buvant un Ginger Ale. Au café de la Cinémathèque.
Bonne écoute.
Socalled et Women without men
Deux films complètements différents mais tous les deux seront en salle à Montréal la semaine prochaine.
Je vous en reparle. PROMIS! (ce samedi!)