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Fantasia, prise 2, la fin déjà…

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Ce soir, c’est l’événement de Fantasia, à la Place des Arts, pour une projection de l’intégrale (verison allongée) de Metropolis, film culte de Fritz Lang suite aux nouvelles chutes du film trouvées en Argentine. Avec orchestration live


Le tout vient de clore deux semaines plutôt occupées entre écrans de cinéma et écrans d’ordinateur.  J’ai vu des bijoux, des navets aussi mais principalement une sélection très hétéroclite. Personnellement, j’ai plongé dans le cinéma asiatique, dont ce n’est pas ma spécialité (lire préférence personnelle) mais ce plongeon fut très agréable. Je saisis des nuances. J’ai apprivoisé des représentations culturelles. J’ai pleuré, ri et sursauté. Je suis un très bon public pour les films d’épouvante. Avec mes collègues du jury pour l’Association québécoise des critiques cinéma (AQCC) Mathieu Li-Goyette de Panorama-cinéma et Martin Gignac de lecinema.ca, nous avons visionné 12 films asiatiques et remis deux prix.

Pour sa grande rigueur, la densité de ses personnages et la sobriété de la représentation de la mort et de la violence, le jury de l’AQCC décerne une mention d’honneur à The Executioner de Choi Jin-ho.
Voici la bande-annonce de cet excellent film sud-coréen.

À l’unanimité, pour sa poésie du quotidien, son doux réalisme, sa critique sociale et sa maîtrise du langage cinématographique pour l’illustration de son Pinocchio moderne, le jury décerne le prix du meilleur film asiatique à Air Doll de Hirokazu Kore-eda.

Hirokazu Kore-eda, réalisateur japonais, nous a aussi donné le magnifique Still Walking et le plus que magnifique After Life. Bref, en espérant que Air Doll puisse être distribué ici, c’est un conte poétique, amer et terriblement cinématographique.

J’ai beaucoup aimé le film japonais Sawako Decides, film entre irrévérence et pathétisme, mais avec un brin d’humour et de désillusion.Pour voit toutes mes étoiles, je vous invite à visiter la page Facebook de Cinéfix.

Merci Fantasia!

The Life and Death of a Porno Gang

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Non, je n’ai pas mis ce titre pour m’attirer des lecteurs! Quoique ce n’est pas une mauvaise idée… :)

C’est le titre du film serbe que j’ai visionné la semaine passée. Inclus dans l’excellente programmation spéciale sur le cinéma « Subversive Serbie » de Fantasia, les films serbes ne passeront pas inaperçus lors de cette édition.

Bienvenue en Serbie XXX. Film très cru, très très cru mais sans tomber dans le genre « horreur »extrême, le film oscille en nous troublant la frontière entre fiction et documentaire. On suit l’histoire de Marko, cinéaste, qui ne réussit pas à s’affirmer à travers son art dans ses années post-Milošević. Il a besoin d’argent. Un Européen l’approche. Films porno, cabarets porno, snuff movies et quasi snuff cabaret. *Snuff movies, ce sont ces films où les figurants meurent « pour vrai » dans le film…

Mitch Davis, programmateur à Fantasia écrit ceci : « Road movie » anticonformiste, il se retrouve là où C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ VOUS croise le chemin de CAFÉ FLESH, EASY RIDER et PINK FLAMINGOS au volant d’un autobus suicide multicolore en route pour l’enfer. Avec ce film, le réalisateur-scénariste Mladen Djordjevic rejoint Gaspar Noé, Sion Sono, Lars Von Trier et Takashi Miike dans le club des cinéastes actuels les plus audacieux et provocateurs. » Ça vous donne une bonne idée…

J’ai trouvé le film brillant dans son message si peu subtil : l’art qui ne peut que se prostituer pour s’en sortir… l’Europe qui regarde gentiment et lentement  le massacre dégénérer… La distribution des rôles est très  forte, les acteurs dépassent la fiction et se donnent pleinement (le jeu de mots est faible). Une réalisation maîtrisée, un film qui innove dans sa forme et son message. Film à la dure oui.

Une gifle cinglante. L’utopie qui vire au cauchemar. Un cauchemar payé par certains et vécu en enfer par les autres. Le réalisateur n’a pas fait un film porno mais bien un film utilisant la pornographie pour illustrer la perdition des âmes. La Serbie et ses créateurs seront longtemps habités par les cauchemars et traumatismes des nombreuses guerres qui ont lieu dans les Balkans.

Radical, politique et totalement subversif.

PLUS

Entrevue ici sur l’excellent blogue Sinistre Blogzine avec le réalisateur Srdjan Spasojevic et le scénariste Aleksandar Radivojevic de l’autre film serbe très attendu – A Serbian Film.

Critique du film sur le site Pieuvre.ca

Fantasia…. so far!

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Mon premier vrai baptême à ce magnifique festival montréalais, FANTASIA. En cette 14ième édition, je suis même jury sur le juré (ou juré sur le jury….) de l’Association québécoise des critiques cinéma. Fantasia n’est pas un inconnu pour moi, j’y ai mis les pieds au courant des dernières années mais jamais avec une passe VIP dans le cou!!!

Alors, laissez-moi vous dire que je me laisse aller! La canicule ça aide! Plus, la sélection hétéroclite et de grande qualité aussi!

Pour le jury, nous nous concentrons sur une sélection de films asiatiques. mais secret oblige, je ne dirai mots ici. J’en parlerai plus tard. Mais j’ai décidé de voir des films qui en temps normal me révulse. Je ne dis pas répulsion en tant que cinéphile mais en tant que …fille…??? Que voulez-vous, je suis un « trop » excellent public devant un film d’horreur. Je saute, je crie, je me cache sous le coussin et trop souvent, je ne finis pas les films car je vais faire des cauchemars.

Alors, pour cette édition, j’ai décidé d’affronter mes démons. Les miens et ceux sur l’écran. Depuis jeudi dernier, ma sélection n’a pas été trop effrayante. Sanglante, oui. Mais ce n’est qu’un début.

Alors voici ce que j’ai vu à date!

A Frozen Flower
Corée Du Sud 2008 | 133 min – Yu Ha
Entre sexe, passi0n, trahison et combats d’épée, j’ai pu apercevoir beaucoup de peau et de sang dans cette superproduction historique avec beaucoup de romantisme à découvert – lire scène d’érotisme! C’est visuellement beau, et toutes les scènes sont quasi excitantes. Mais aussi rigolotes! :)

Secret Reunion
Corée Du Sud 2010 | 116 min – Jang Hun
Je vous en reparle après Fantasia

Gallants
Hong Kong 2010 | 98 min
Derek Kwok & Clement Cheng
Special Kung FU – Je vous en reparle après Fantasia

Down Terrace
Royaume-Uni, 2009
Ben Wheatley
Subversif, magnifiques dialogues. Sublime interprétation.Chronique familial hilarante et désopilante. Une famille de bandits, des durs à cuire mais si normaux et complètement fuckés. Attachants. Mais aussi meurtriers.  Le réalisateur a aussi un blog ici.

Et la bande-annonce du film

The Message
Chine 2009 Chen Kuo-Fu & Gao Qunshu
Je vous en reparle après Fantasia

The Life and Death of a Porno Gang
Serbie 2009 | 90 min Mladen Djordjevic

ehhhh….je vous en reparle dans mon prochain billet…

Socalled et Women without men

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Deux films complètements différents mais tous les deux seront en salle à Montréal la semaine prochaine.

Je vous en reparle. PROMIS! (ce samedi!)

Caligula Remix

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J’ai été quelque peu au théâtre dernièrement. Je n’ai pas trop savouré Sextett et j’avais bien aimé Huis Clos au TNM. Mais là, vendredi soir, je me suis fait bousculée. Bien comme il faut. Par un théâtre innovateur, dérangeant, puissant et brillamment mis en scène. Je vous en parle presque à regret car malheureusement, vous ne pourrez pas partager mon palisir. À moins que d’autres supplémentaire ne soient annoncées.

Caligula remix, une présentation et production Terre des Hommes, au théâtre La Chapelle. La dernière était samedi passé, le 15 mai.


Caligula
, l’Empereur romain, s’aperçoit à la mort de Drusilla, sa sœur et maîtresse, que « les hommes meurent et ils ne sont pas heureux ». Dès lors, commence sa quête démesurée d’absolu qui le mènera jusqu’aux icônes modernes du DJ et du chef d’orchestre. Caligula est une farce grotesque que seuls quelques personnages avec un « surplus d’âme » tirent vers l’humanité.

Tiré de l’oeuvre d’Albert Camus (dont on célèbre le 50ième anniversaire de sa mort cette année), Marc Beaupré en signe l’adaptation et mise en scène et en tire une véritable œuvre d’art. Emmanuel Schwartz interprète l’humain et monstre Caligula, ce dernier nous offre une prestation charnelle, forte et cinglante. Le remix est magnifiquement illustrée de plusieurs façons ; jeux chorales, enregistrement audio, remix des enregistrements live. Des mots captés, manipulés, retransmis dans l’oeuvre, le mot remix prend toute sa pertinence.

Scène très sobre, décor inexistant, les voix et les coeurs s’en donnent à coeur joie et nous livre une performance. On est quasi loin du théâtre. Puissant, je vous dis. Et Beaupré a conservé les morceaux fondamentaux de l’œuvre de Camus ; un homme et sa rédemption, folie, sauvagerie, tout ça car les hommes meurent et ne sont pas heureux. Troublant.

J’en profite pour citer  Camus (tiré de Wikipédia)
« Non, Caligula n’est pas mort. Il est là, et là. Il est en chacun de vous. Si le pouvoir vous était donné, si vous aviez du cœur, si vous aimiez la vie, vous le verriez se déchaîner, ce monstre ou cet ange que vous portez en vous. Notre époque meurt d’avoir cru aux valeurs et que les choses pouvaient être belles et cesser d’être absurdes. Adieu, je rentre dans l’histoire où me tiennent enfermé depuis si longtemps ceux qui craignent de trop aimer. »

Du théâtre performance à l’état pur.

Critiques The Trotsky, film roumain et oscarisé argentin

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Commençons par les bonbons. The Trotsky, un film de  Jacob Tierney avec l’excellent acteur montréalais Jay Baruchel et la musique du  groupe montréalais Malajube. J’ai eu la chance de le visionner lors des deux représentations – salle comble du dernier Festival du nouveau cinéma. Un pur délice. Dans le léger, le ton juste ente la comédie et l’auto-dérision, une excellente mise en scène, de très bons acteurs et une ville, ma Montréal comme personnage pricipale…ce n’est pas tous le sjours qu’on peut voir ce genre de film. Film accompli, on ne s’ennuie guère, on rit, on découvre (redécouvre) une ville qui marie bien diversité, bilinguisme et authenticité.

La distribution est riche (Colm Feore, Anne-Marie Cadieux, Geneviève Bujold, Hélène Bourgeois-Leclerc entre autres), le scénario est savoureux. Bref, une comédie entre satire, irrévérence, politique et illusions de notre jeunesse. À voir pour passer un bon moment de cinéma!

Toujours dans la catégorie bonbon, l’excellent (très excellent) Contes de l’âge d’or. Je dois admettre tout de suite que je suis une fan du cinéma roumain, une renaissance dans l’art de raconter très sensible et si proche de la dure réalité de leur culture qui a été rudement mise à l’épreuve sous le règne de Ceauşescu. L’âge d’or roumain, c’est justement les dernières années de Ceauşescu. Des années noires où la tyrannie, duperie, supercherie étaient à son comble et s’étaient intégrés dans le quotidien des gens. Le réalisateur Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines et 2 jours – un film magnifique), également scénariste du projet, et les réalisateurs Ioana Maria Uricaru, Hanno Höfer, Razvan Marculescu et Constantin Popescu ont chacun réalisé un sketche, un chapitre sur cinq au total, chacun des chapitres s’insérant dans le suivant, etc. Exercice réussi avec brio.  Les sketches/chapitres sont inspirés de légende urbaine de ces années Ceauşescu.

On nage en plein délire. Mensonges, désillusion, désespoir, et inévitablement beaucoup d’ingéniosités mentales pour se sortir de ce marasme. Un film signé à plusieurs mains, un film « collaboratif », des moments de grâce, un cinéma qui est à la hauteur d’un peuple qui revisionne son passé, toujours en dérision,  sans trop y croire mais qui désire toutefois l’inscrire sur la pellicule. À voir.

Déception maintenant. El secreto de los ojos. Un film de Juan Jose Campanella qui s’Est mérité l’Oscar du meilleur film étranger en mars dernier. C’est un bon film. Mais je suis toujours un peu amère de l’avoir vu remporter l’Oscar devant les chefs d’œuvre Le ruban blanc et Un Prophète. Donc, je m’attendais à beaucoup. La barre était haute. Malheureusement le film n’était pas à la hauteur de mes attentes. Campanella nous propose un récit complexe, assez sombre, sur deux époques de l’Argentine,  la corruption du régime politique argentin dans les années 1970 et 25 ans plus tard. Le tout partant d’une scène de crime. Qui par la suite devient un mobile, une obsession pour plusieurs des personnages, chacun avec un agenda différent. Et évidemment l’éternelle histoire d’amour. Et c’est là que le film m’a dérangé. L’histoire d’amour non-avouée a jeté un froid, un malaise, apporte une faiblesse au rythme du film. Quand j’avais vu la bande-annonce, j’avais l’impression que je me plongerai dans un thriller. Mais le mélodrame prend trop de place et la fin n’est absolument pas cohérente. Trop c’est trop. Mais ce n’est pas un mauvais, loin de là. Mais de là à ravir l’Oscar à deux mastodontes….je suis très perplexe. Mais bon, je n’en ferai pas un plat…

Bon cinéma!

Lebanon, un film de Samuel Maoz

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En ouverture du festival du cinéma israélien de Montréal, le puissant, provocateur et troublant Lebanon, premier film de Samuel Maoz.

« Je venais d’avoir 19 ans en mai 1982. La vie était belle. J’étais amoureux. Ensuite on m’a demandé de partir sur une base militaire et d’être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Cela devait être une mission d’une journée toute simple mais ce fut une journée en enfer. Je n’avais jamais tué quelqu’un avant cette terrible journée. Je suis devenu une vraie machine à tuer. Quelque chose là-bas est mort en moi. Sortir ce tank de ma tête m’a pris plus de 20 ans. C’est mon histoire ». – Samuel Maoz

Véritable catharsis auto-biographique, le film Lebanon nous cloue dans notre siège. Légèrement stressant et claustrophobique. Tout est filmé à l’intérieur du tank et vu du tank. Tout un défi, brillamment relevé au plan cinématographique.

Lebanon nous entraîne au cœur d’un char israélien lors du premier jour de la guerre du Liban (celle de 1982). Parti-pris du réalisateur Maoz est de ne jamais nous faire quitter ce char. On vit à l’intérieur, on visite l’intérieur et on voit l’extérieur de la lunette du tireur. L’équipe va perdre son innocence et les ravages de la guerre ne nous sont pas épargnés. Deux options que le réalisateur marie avec une incroyable dextérité. Puissant. Provocateur et troublant car ici, on nous montre la version côté bourreau. Sans artifice, sans culpabilisation. Sur cette note, le film Lebanon détone du puissant Waltz with Bashir, qui entraînait les spectateurs dans le processus d’une auto-réflexion sur l’acte guerrier…. et sur la puissante culpabilité.

Ici, Samuel Maoz, n’est pas dans cette quête. Son film est brut, froid, quasi apolitique – il faut voir la scène où un soldat israélien demande ce que sont les phalangistes….). Le réalisateur de Lebanon tient son parti pris, ne s’excuse pas et ne démord pas de la libération de ses propres démons. Cette journée infernale en mai 1982, où il est devenu un tireur fou…

PS. Ça m’a fait pensé à  Das Boot de Wolfgang Petersen, épopée claustrophobique dans un sous-marin allemand mais en moins puissant.

Voici la bande-anonce.

Cinéma israélien – Fenêtre sur la culture juive

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Du 2 au 12 mai 2010 se tient la cinquième édition du Festival du cinéma israélien de Montréal. Festival interallié avec l’édition de Paris, encore cette année, nous apporte une programmation riche, audacieuse et diversifiée. À l’image du cinéma israélien. Un minuscule territoire qui produit plus de 15 films par années, des films qui remportent des prix importants dans de nombreux festivals. Plus, des films qui étonnent par leur courage, leur auto-confrontation et la rigueur des démarches cinématographiques.

Dans les années 90, cinéma israélien signifiait trop souvent l’homme d’un seul homme, Amos Gitai. Yom Yom, Kaddosh, Kippur et par la suite, Free Zone et Promised Land ont fait d’Amos Gitai le porte-parole d’un cinéma pourtant très éclectique. Les oeuvres Avi Mograbi sont à souligner. Il a construit une œuvre plutôt unique dans le panorama mondial. Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Arik Sharon, Happy Birthday, Mr Mograbi !, Août, avant l’explosion et Pour un seul de mes deux yeux et Z 32.

Bref, le cinéma israélien, un cinéma d’auteur, indépendant et bien soutenu par l’état. Depuis le  début des années 2000, Israel Film Foundation s’est tourné vers la proactivité en vue de financement et de coproductions internationales, la plupart européennes.  Et ça a marché!

Voici une liste non exhaustive de films israélien qui valent le détour :

Mariage tardif (2001), Dover Kosashvili
Mon trésor (2004), de Keren Yedaya
Avanim (2004), de Raphaël Nadjari
Beaufort (2008), de Joseph Cedar
Waltz with Bashir (2008) de Ari Folman
Lemon Tree (2008), d’Eran Nikklis
Jaffa (2009), de Keren Yedaya,
Eyes Wide Open (2009) – Tu n’aimeras point de  Haim TabakmanAjami (2009),
Lebanon (2009) de Samuel Maoz
Ajami (2009),  de Scandar Copti et Yaron Shani


Bref, un cinéma en éclosion, qui remet en question des sujets délicats (traumatisme ou du crime de guerre, de l’aliénation des femmes, de la marginalisation ethnique ou de l’intégrisme religieux) pour une société divisée entre modernité et tradition, les pieds joints dans des guerres interminables avec ses voisins. Pertinent et paradoxal à la fois. Soutenu par l’état, ce cinéma choque son propre public. Pour cela, il faut saluer le courage de ses créateurs et la force de leur liberté. Encore bien fragile.

Je vous laisse sur ces deux bandes-anonces. Ajami, qui est salle et qui est un grand film. Je vous le recommande chaudement.

Et Tu n’aimeras point qui sortira peut-être en salle suite au festival…. Mais pour le voir rapidement c’est ce soir, jeudi le 6 mai, à 21h, au Cinéma du Parc.

Un prophète, un film de Jacques Audiard

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Magnifique et sublime moment cinématographique. Je l’attendais depuis plusieurs mois et enfin le film est présenté dans les salles au Québec. Un prophète de Jacques Audiard. Je vous renvoie à l’excellente critique de Bilodeau du Devoir et l’entrevue avec Audiard par Bilodeau en février dernier.

Courez. Je vous le promets. Du grand cinéma.

Voici la bande-annonce

Un prophète a tout raflé à la dernière remise des prix Césars. Et je me croise les doigts pour l’Oscar du meilleur film étranger. Mais le film est en conpétition avec l’autre chef-d’œuvre, Le ruban blanc de Michael Haneke. À suivre!

Bon cinéma!

Étude de cas – Remyx et Journal d’un coopérant

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Dans le cadre des RVCQ, Téléfilm, Fonds Bell et Espace inFusion ont organisé une journée des médias numériques. En premier lieu, avant-midi consacrée aux fictions web interactives. Deux études de cas, REMYX et JOURNAL D’UN COOPÉRANT. Deux exemples très différents et leur juxtaposition était brillante pour une réflexion sur la narrativité, l’interactivité, la dramaturgie et ses auteurs.

Quelques notes gravées ici et là. — finalement je suis inspirée!

Le cas Remyx


Remyx a été webdiffusé sur Radio-Canada.ca de septembre à décembre 2009. Remyx est probablement un première essai du genre plutôt complet sur le web au Québec. Une douzaine d’épisodes de fiction de 6 minutes, racontant les aventures de trois couples. Chaque épisode se termine sur une question que les internautes doivent répondre, ce qui influence l’épisode suivant. Les scénaristes nous racontait hier que ont essayé de donner 1/3 possiblement influençable et 2/3 déjà prévues dans l’écriture. Autrement mission quasi impossible. Il faut préciser que la beauté et la difficulté de ce projet ont été dans sa faisabilité et défi de production. Mise en ligne le vendredi, les internautes ont jusqu’au lundi suivant pour voter, écriture le mardi, tournage le mercredi, montage le jeudi et on recommence…. Fiou! Assez intense. Plus, ils ont été aussi très créatifs pour relever le défi, ce qui est tout à fait dans l’esprit de la création… tout court.

Remyx a été un laboratoire très révélateur au niveau d’un exercice sur la dramaturgie. Petite note, comme ce fut un projet pitché rapidement vers une mise en ligne, ils ont brillamment relevé le défi du positionnement de la marque. Le mot REMYX, qui joue à la fois avec les concepts des générations Y et X, principalement Y dans ce cas-ci. En peu de temps, le brand était lancé, projet positionné et résultats qui comblent des attentes (autant chez le producteur que chez le diffuseur).

Mais revenons à la dramaturgie. À chaque fin d’épisode, les auteurs lançaient une question au public, est-ce que X doit faire ceci, ou Y faire cela, et surprise, le public choisissait le choix « moral » alors que les auteurs, comme tout bon auteur veut s’éloigner d’une certaine logique moraliste et s’amuser quoi… Mais non, le public-cible (18-35) optait pour le choix le plus conservateur… Intrigant. Ce qui a poussé les auteurs à repositionner leurs questions afin de ne pas tomber dans le piège  de cette dualité binaire, qui en bout de ligne amène au cul-de-sac de pas grand chose… Les derniers épisodes ont été plus subtils!

Remyx est un beau cas d’étude sur une conversation entre auteurs et son public. Où le public influence l’histoire. Pour le meilleur et pour le pire. Plus, ils avaient choisi de livrer les clips à une heure précise tous les vendredi. concept très « TV ». Mais ça comporte des avantages… Créer un événement, rassembler la communauté, et faire naître un sentiment de primeur (et oui, ça pogne encore!), bref bon concept.

Va-t-il avoir une deuxième saison? Il serait intéressant de pousser plus loin la conversation avec les internautes, le lieu du rendez-vous (le site web) et d’expérimenter une dramaturgie plus risquée, peut-être, pour envoyer l’internaute là où il ne pense pas aller mais s’il croyait qu’il avait le contrôle. La déroute du lecteur, du téléspectateur, du public, c’est particulièrement tentant!

Le cas Journal d’un coopérant

Ah Robert Morin, cet homme qui expérimente un langage cinématographique, une forme narrative et une relation avec les spectateurs. L’expérience Journal d’un coopérant s’inscrit logiquement dans le parcours de l’artiste. Première boutade qu’il nous lance, les créations collectives, c’est de la foutaise!!!

Revenons au projet. L’invitation était claire, lancée en décembre 2009.

journalduncoopérant.com est à votre disposition dès maintenant sur le Web. Il s’agit d’un work in progress, d’un film en devenir qui attend vos réactions, commentaires et surtout, surtout, vos inventions. J’y interprète le personnage principal, Jean-Marc Phaneuf, un technicien en électronique retraité qui travaille pour Radio du monde, un ONG spécialisée dans la rénovation et l’installation de radios communautaires en Afrique. Son journal Web vous parviendra tout au long de son séjour à Ujama, soit une période d’environ deux mois. Vous êtes invités à « bloguer » avec lui, en faisant comme lui, c’est-à-dire en vous inventant un personnage et en vous enregistrant au moyen de votre caméra Web. Vos envois pourraient se retrouver dans le film et en salle au printemps et ainsi faire du film une création collective.

Merci de votre « coopération

Bon, pour la création collective, un échec total selon Morin! Revenant sur la question morale soulevée dans le cas Remyx, pour Morin, la dramaturgie, c’est jouer avec la morale. Alors l’ouvrir au collectif, qui ne veut que se diriger vers le droit chemin, c’est irrémédiablement aller tout droit vers la banalité…

La productrice, Stéphanie Morissette qualifie l’expérience de JC d’une performance. Le blogue étant la performance de la livraison d’un film, la possibilité d’influencer la trame, toujours dans la fiction. Et en bout de ligne pour nous les internautes, ce fut la livraison d’un court métrage impressionniste d’une vingtaine de minutes. Pour l’équipe, point intéressant, ils ont traité le blog de Phaneuf comme un accessoire au film. Comme un objet de la direction artistique, de la mise en scène, de la dramaturgie.

Pour Morin, l’expérience de dévoiler le film a révélé l’aspect « lent » du médium web….joli paradoxe! Un montage en slow-motion, où les auteurs tentent de radioscoper l’auditoire, un sondage d’opinion en temps réel, mais un temps trop lent pour une symbiose dramatique. Plus, pour Morin, cette expérience, provocante dans la forme autant que dans le contenu (aborder le sujet délicat de la pédophilie, il faut être courageux car comme société, on n’a pas ce courage là) ce fut le triomphe de l’auteur. Sommes-nous dans la fiction? Dans le documentaire? On est dans une zone grise et c’est là toute la force de l’oeuvre de Morin. J’avais écrit dans mon billet lors du lancement du projet, que je me foutais de savoir où l’on était. On joue. Et le boss, c’est pas Phaneuf, mais Morin. (mais ça aurait pu être Phaneuf…)

Au mois de janvier, quand le personnage de Phaneuf dégringole et s’enferme dans son rôle de pédophile secondaire, Daniel Canty (qui a réalisé avec Morin l’expérience sur le web) disait que Phaneuf n’avait qu’un mot-clé en tête. Mathilde, Mathilde, Mathilde…. Les commentaires sur le blogue, il (le personnage) n’était pas en mesure de les lire et de les vivre. Il était bien loin de tout ça…

Nous a-t-il bernés? Est-ce que les internautes ont été victimes d’une supercherie nommée Robert Morin-s’amuse-encore? Non, pas du tout. Nous avons assisté à une performance de provocation, brillamment orchestrée, où le performeur a signé son œuvre. Il a persisté, le public aussi. Mais en bout de ligne, métaphoriquement parlant, on s’est fait avoir, berner. Comme une victime face à son  prédateur.. Et comme expérience-usager, c’était tout un pari. Qui sait, tant qu’à se faire berner, le coup aurait pu être encore plus fort. Jouer avec le mensonge. Avec Phaneuf. Moins avec Morin.

Je retiens de Journal d’un coopérant, une expérience assez fusionnelle et inspirante de dramaturgie, cinéma, diffusion et conversation.

Pour voir le résultat en format cinéma, ce sera au mois de mars en salles. Ou en primeur, en fermeture aux Rendez-vous du cinéma Québécois.