Mon amoureux expose ses photos de son séjour au Sud-Soudan en hiver 2009.

Au plaisir de vous voir au vernissage jeudi le 10 juin à 18h. L’exposition dure tout le mois de juin.

Je vous recopie le texte d’introduction de l’exposition.

« Le Sud-Soudan m’était assez étranger. J’avais à peine entendu parler du plus grand pays d’Afrique avant d’y faire un séjour de sept semaines. Au Sud-Soudan, c’est près de huit millions d’habitants qui peinent à se remettre d’une guerre civile qui a duré plus de vingt ans. Le plus long conflit africain s’est soldé par un traité de paix, toujours bien fragile en 2006. Les rebelles du sud combattaient contre l’armée soudanaise et sa milice dans le but de libérer le sud de la répression de la junte militaire envers les communautés nilotiques du Sud. Cette guerre a dévasté le territoire et décimé son peuple, laissant derrière elle deux millions de morts, quatre millions de déplacés et un million de réfugiés.

Je suis arrivé à Juba, capitale du sud, le 26 février 2009 pendant la saison sèche. La température frôlait les 45°C à l’ombre. J’ai visité des terres occupées aujourd’hui par des équipes de démineurs. J’ai observé des projets d’éducation populaire, projets qui tendent à sensibiliser les communautés des dangers des mines antipersonnel. Des villages entiers sont entourés de ces dangers cachés, triste héritage d’une sale guerre. Les paysans hésitent toujours à semer leurs terres de peur de marcher sur une mine et d’y laisser leurs membres et leurs vies.

Je me suis rendu à Aweil et j’ai visité une douzaine de petits villages dans l’état de Bahr el Ghazal du Nord. Ici, les gens retournent à leurs terres ancestrales, terres qu’ils avaient fuies après avoir été victimes d’attaques brutales, similaires aux attaques dont les images nous parviennent du conflit contemporain au Darfour. J’ai interviewé des hommes, femmes et enfants en-dessous des plus grands arbres de leurs villages. Depuis les deux dernières années, 90% de la population est revenu, après avoir vécu dans des camps de déplacés pendant dix, quinze et même vingts ans. Ils s’installent mais les puits d’eau potable se font rares, les écoles et les cliniques ne sont pas nombreuses ou tout simplement manquantes. Mais peu importe, ils ont retrouvé leurs terres et veulent y rester.

Dans la région de Warrap, j’ai accompagné un programme de vaccination dans le village de Lurcuk. Deux employés formés à la vaccination massive ont donnés des piqures pendant plus de cinq heures consécutives contre la rougeole, la tuberculose, la polio, la diphtérie et le tétanos. En tout, 276 enfants ont été vaccinés.

Plus tard, avant mon retour vers Montréal, j’ai revu les jeunes de Sud Academy, une école pour réfugiés soudanais à Nairobi au Kenya. Je les avais rencontré avant mon départ pour le Soudan. Je leur avais promis des images de leur pays. Un pays qu’ils ont oublié, qu’ils ont à peine vu mais où ils rêvent de retourner. La majorité d’entre eux n’ont jamais revu leurs parents ni leurs frères et soeurs depuis qu’ils ont quitté leurs villages, fuyant la guerre.

Ces photographies représentent les gens que j’ai rencontrés et qui ont généreusement partagé leurs histoires.  »

Pour plus d’informations, visitez le blogue au http://southsudaninfo.net