Commençons par les bonbons. The Trotsky, un film de  Jacob Tierney avec l’excellent acteur montréalais Jay Baruchel et la musique du  groupe montréalais Malajube. J’ai eu la chance de le visionner lors des deux représentations – salle comble du dernier Festival du nouveau cinéma. Un pur délice. Dans le léger, le ton juste ente la comédie et l’auto-dérision, une excellente mise en scène, de très bons acteurs et une ville, ma Montréal comme personnage pricipale…ce n’est pas tous le sjours qu’on peut voir ce genre de film. Film accompli, on ne s’ennuie guère, on rit, on découvre (redécouvre) une ville qui marie bien diversité, bilinguisme et authenticité.

La distribution est riche (Colm Feore, Anne-Marie Cadieux, Geneviève Bujold, Hélène Bourgeois-Leclerc entre autres), le scénario est savoureux. Bref, une comédie entre satire, irrévérence, politique et illusions de notre jeunesse. À voir pour passer un bon moment de cinéma!

Toujours dans la catégorie bonbon, l’excellent (très excellent) Contes de l’âge d’or. Je dois admettre tout de suite que je suis une fan du cinéma roumain, une renaissance dans l’art de raconter très sensible et si proche de la dure réalité de leur culture qui a été rudement mise à l’épreuve sous le règne de Ceauşescu. L’âge d’or roumain, c’est justement les dernières années de Ceauşescu. Des années noires où la tyrannie, duperie, supercherie étaient à son comble et s’étaient intégrés dans le quotidien des gens. Le réalisateur Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines et 2 jours – un film magnifique), également scénariste du projet, et les réalisateurs Ioana Maria Uricaru, Hanno Höfer, Razvan Marculescu et Constantin Popescu ont chacun réalisé un sketche, un chapitre sur cinq au total, chacun des chapitres s’insérant dans le suivant, etc. Exercice réussi avec brio.  Les sketches/chapitres sont inspirés de légende urbaine de ces années Ceauşescu.

On nage en plein délire. Mensonges, désillusion, désespoir, et inévitablement beaucoup d’ingéniosités mentales pour se sortir de ce marasme. Un film signé à plusieurs mains, un film « collaboratif », des moments de grâce, un cinéma qui est à la hauteur d’un peuple qui revisionne son passé, toujours en dérision,  sans trop y croire mais qui désire toutefois l’inscrire sur la pellicule. À voir.

Déception maintenant. El secreto de los ojos. Un film de Juan Jose Campanella qui s’Est mérité l’Oscar du meilleur film étranger en mars dernier. C’est un bon film. Mais je suis toujours un peu amère de l’avoir vu remporter l’Oscar devant les chefs d’œuvre Le ruban blanc et Un Prophète. Donc, je m’attendais à beaucoup. La barre était haute. Malheureusement le film n’était pas à la hauteur de mes attentes. Campanella nous propose un récit complexe, assez sombre, sur deux époques de l’Argentine,  la corruption du régime politique argentin dans les années 1970 et 25 ans plus tard. Le tout partant d’une scène de crime. Qui par la suite devient un mobile, une obsession pour plusieurs des personnages, chacun avec un agenda différent. Et évidemment l’éternelle histoire d’amour. Et c’est là que le film m’a dérangé. L’histoire d’amour non-avouée a jeté un froid, un malaise, apporte une faiblesse au rythme du film. Quand j’avais vu la bande-annonce, j’avais l’impression que je me plongerai dans un thriller. Mais le mélodrame prend trop de place et la fin n’est absolument pas cohérente. Trop c’est trop. Mais ce n’est pas un mauvais, loin de là. Mais de là à ravir l’Oscar à deux mastodontes….je suis très perplexe. Mais bon, je n’en ferai pas un plat…

Bon cinéma!