Du 2 au 12 mai 2010 se tient la cinquième édition du Festival du cinéma israélien de Montréal. Festival interallié avec l’édition de Paris, encore cette année, nous apporte une programmation riche, audacieuse et diversifiée. À l’image du cinéma israélien. Un minuscule territoire qui produit plus de 15 films par années, des films qui remportent des prix importants dans de nombreux festivals. Plus, des films qui étonnent par leur courage, leur auto-confrontation et la rigueur des démarches cinématographiques.

Dans les années 90, cinéma israélien signifiait trop souvent l’homme d’un seul homme, Amos Gitai. Yom Yom, Kaddosh, Kippur et par la suite, Free Zone et Promised Land ont fait d’Amos Gitai le porte-parole d’un cinéma pourtant très éclectique. Les oeuvres Avi Mograbi sont à souligner. Il a construit une œuvre plutôt unique dans le panorama mondial. Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Arik Sharon, Happy Birthday, Mr Mograbi !, Août, avant l’explosion et Pour un seul de mes deux yeux et Z 32.

Bref, le cinéma israélien, un cinéma d’auteur, indépendant et bien soutenu par l’état. Depuis le  début des années 2000, Israel Film Foundation s’est tourné vers la proactivité en vue de financement et de coproductions internationales, la plupart européennes.  Et ça a marché!

Voici une liste non exhaustive de films israélien qui valent le détour :

Mariage tardif (2001), Dover Kosashvili
Mon trésor (2004), de Keren Yedaya
Avanim (2004), de Raphaël Nadjari
Beaufort (2008), de Joseph Cedar
Waltz with Bashir (2008) de Ari Folman
Lemon Tree (2008), d’Eran Nikklis
Jaffa (2009), de Keren Yedaya,
Eyes Wide Open (2009) – Tu n’aimeras point de  Haim TabakmanAjami (2009),
Lebanon (2009) de Samuel Maoz
Ajami (2009),  de Scandar Copti et Yaron Shani


Bref, un cinéma en éclosion, qui remet en question des sujets délicats (traumatisme ou du crime de guerre, de l’aliénation des femmes, de la marginalisation ethnique ou de l’intégrisme religieux) pour une société divisée entre modernité et tradition, les pieds joints dans des guerres interminables avec ses voisins. Pertinent et paradoxal à la fois. Soutenu par l’état, ce cinéma choque son propre public. Pour cela, il faut saluer le courage de ses créateurs et la force de leur liberté. Encore bien fragile.

Je vous laisse sur ces deux bandes-anonces. Ajami, qui est salle et qui est un grand film. Je vous le recommande chaudement.

Et Tu n’aimeras point qui sortira peut-être en salle suite au festival…. Mais pour le voir rapidement c’est ce soir, jeudi le 6 mai, à 21h, au Cinéma du Parc.