Quelques réflexions éparses… J’y ferai suite. :)

Webdocumentaire. Quel grand mot. Plein d’ambitions, de tourments et qui cherche sa place, sa forme, son équipe et ses façons de faire et d’être. Et pourtant, quand je jongle avec ses deux mots, je tente de prendre un « web » et l’autre « documentaire » et ose appréhender la fusion, m’inspirer des possibles, imaginer l’impossible. Créer.

Déjà buzz word, principalement chez nos voisins francophones de l’autre côté de l’océan. Déjà en conflit (nécessaire) avec son cousin « reportage » – voir l’excellent billet d’Oliver Crou à Interview.fr. Sur le blogue de Karine Dubois, on questionne le comment et les différents artisans. Chez Upian, on navigue de succès en succès, sur La fabrique@blog on cherche à savoir comment faire, certains se lancent,  d’autres en font leurs thèses académiques (Webdocu).

Ce qui me manque ou m’interpelle, c’est trop souvent l’absence de débat, de discussions, etc sur le contenu. Trop souvent, on me parle de contenants. Je veux bien les contenants. Dans ce monde 4.0, on se doit de scénariser les contenus et les contenants. Mais revenons au contenu car pour moi, documentaire, c’est avant tout du contenu, avec une démarche, une histoire à raconter, un ou des auteurs, une intention, une re/construction du réel avec un point de vue pour un public. On y ajoute web et trop souvent, on retrouve des documentaires format multimédia (image/video/audio), ou format CDROM époque 97, ou format webtélé mais toujours en linéaire, gardant fièrement le contrôle (narratif et éditorial du projet par les auteurs). Oui, il existe une déconstruction du linéaire lorsque l’usager peut choisir. Mais si peu. Il reste que cet usager est dans une expérience conçu pour lui, (et ça, c’est encore drôle…).

Peu importe ce que je dis plus haut, il y  a  des projets brillants par leur contenu et j’ose dire brillants par leur contenants – par exemple le projet clé56, du jeune réalisateur Alexandre Hamel. Intelligent. Autrement. Mais côté contenant, on ne peut plus straight -webisodes sur YouTube , embedded dans le site institutionnel, groupe Facebook ouvert et peu modéré, et un réalisateur qui vit avec sa cam, Iphone, salle de montage. Il est ses propres médias. Et vous savez quoi. Nous (le public) le devenons avec lui. Le tout est cohérent.

Mais quand je pense web, je pense explosion, mondialisation, profond, collectif, dissémination. Explosion de la narrativé, du contrôle, des liens, des possibles. Mais explosion ne veut pas dire chaos. Explosion cohérente, rigoureuse, évocatrice et expérimentale.

Tout et presque rien se prénomme webdocumentaire. Il faut plus que des topos videos avec monsieur et madame du réel pour s’asseoir sur le mot documentaire. On assiste à un déferlement d’un genre qui se cherche, et c’est positif pour l’industrie,  les créateurs et le public. Ça bouge et ça – c’est bon pour tous!  Mais mon côté geek du réel en mutiplateforme me marmonne :  on continue, on expérimente, on éclate les définitions, on détruit les contenants, on danse avec le contenu et le public nous guide…. Imaginez!

Moi, public, devant ces expériences documentaires, de construction avec le réel, de dé-construction du réel, de jonglerie narrative, formelle, intuitive et technologique, je veux de l’authenticité, de l’intelligence, de la provocation, des émotions, du respect. Je veux … jouer…. Quelqu’un m’a répété une phrase dernièrement… If you want to change the world, you have to play it. C’est déjà entendu mais j’ai l’impression et j’ai le goût d’aller là… jouer avec le réel.

Bon. J’apporte plus de questions que de réponses et c’est bien parfait comme cela. C’est pas ici l’encyclopédie. (c’est où déjà?) Vous irez voir mon tour du propriétaire (avec annotations personnelles) sur le prochain billet.