Ah Robert! Encore une fois, tu te dépasses, tu nous dépasses! Après l’excellent et délirant Papa à la chasse aux lagopèdes, les trop bons Yes Sir! Madame, Le Nèg’, Windigo, Robert Morin, cinéaste, monteur, acteur, scénariste et j’en passe, nous ouvre les portes de sa dernière création, Journal d’un coopérant.

Journal d'un coopérant

Connaissez-vous Jean-Marc Phaneuf? Il est coopérant pour une ONG qui aide des groupes avec le média de la radio. C’est son premier voyage en Afrique et tous les jours, pendant quelques temps, il nous livre ses impressions, ses idées, ses lubies au moyen d’un blogue, version très vidéo. Et nous, vous, le public est invité à dialoguer avec lui.

C’est clair non? Où ça se corse et ça devient divinement beau, c’est que M.Phaneuf, c’est un personnage de fiction. Plus, c’est Robert Morin qui joue le rôle. Ah, enfin, la fiction aux frontières de la non-fiction… Robert joue avec la transparence tout en la glissant dans les méandres d’un certain brouillard. Il s’explique ainsi:

journalduncoopérant.com est à votre disposition dès maintenant sur le Web. Il s’agit d’un work in progress, d’un film en devenir qui attend vos réactions, commentaires et surtout, surtout, vos inventions. J’y interprète le personnage principal, Jean-Marc Phaneuf, un technicien en électronique retraité qui travaille pour Radio du monde, un ONG spécialisée dans la rénovation et l’installation de radios communautaires en Afrique. Son journal Web vous parviendra tout au long de son séjour à Ujama, soit une période d’environ deux mois. Vous êtes invités à « bloguer » avec lui, en faisant comme lui, c’est-à-dire en vous inventant un personnage et en vous enregistrant au moyen de votre caméra Web. Vos envois pourraient se retrouver dans le film et en salle au printemps et ainsi faire du film une création collective.

Merci de votre « coopération ».

Merci à toi mon Robert! Au Québec, il y a eu trop peu d’initiatives qui proposent l’heureux mélange du cinéma et du web 2.0. La plupart d’entre elles ont malheureusement répliqués une fenêtre de diffusion et au mieux de distribution (mis à part la fabuleuse histoire de RIP – A remix Manifesto) -. Mais ici, il y a une réelle volonté et participation de la part du créateur de voir son œuvre se modifier, être contaminée, et inviter le public à  « jouer » avec lui. Sommes-nous dans la fiction? Dans un documenteur? À la limite, on s’en fout…

Son expérimentation est au coeur d’une démarche créative…La narrativité du film s’en trouvera probablement bousculée. Et on est tellement loin des diktats trop bien établis sur la toile d’une perpétuelle distribution/publicité. Oui en soit, c’est un beau coup de marketing, il va sans dire… Mais c’est bien plus que cela. Et pas besoin de sortir des millions pour proposer une « aventure ». Même le directeur général du FNC se prête au jeu et demande à Phaneuf  (Morin?) si le FNC peut présenter son film en 2010. J’adore!!!

On verra bien ce que ça va donner. Il faudra en discuter avec M. Morin (ou M.Phaneuf) à la fin du processus.

Vous avez deviné que je me prête au jeu… Je me prénomme Patricia Lajuste. Je ne sais pas encore si je suis un personnage ou bien moi-même. Elle est mince la frontière entre réalité et fiction…

****Lien pertinent*** – flash qui doit ressentir assez régulièrement…
Dans l’émission de radio hier à CIBL, l’excellent Cinéfix, nous avions comme invité Paul Beaucage, critique et essayiste. Son dernier essai porte sur le cinéma du grand Gilles Groulx. L’animateur, Daniel, lui a demandé qui porte aujourd’hui la démarche de Gilles Groulx, qui œuvrait autant sur le fond que la forme. M.Beaucage nous a répondu Philippe Falardeau. Tout à fait d’accord. Mais j’ajouterais Robert Morin…

Pour lire tous ou presque les articles dans la revue 24 images sur Robert Morin
Provokat – l’Agence digitale derrière le coup avec Morin

Et pour notre plaisir coupable du vendredi – La bande-annonce de film Rip – A Remix Manifesto