Que dire de plus de toutes les excellentes critiques de La Presse ici et là ? Michael Moore n’ a peur de rien. On le savait déjà. Et ce dernier film-brûlot, Capitalism : A Love Story est une conséquence logique de toute son œuvre. Moore dit même que ce film « is not just a continuation of that, but its the culmination. » Of that…?, il nous parle évidemment du capitalisme, ses rouages, les démons qui en sortent et toutes les ficelles qui soutiennent ce mouvement diabolique. Oui, Michael Moore fait même appel à la religion pour s’appuyer. Vingt ans après son premier opus, Roger & Me, il reprend l’enjeu qui est au cœur de tous ses films : l’effet ravageur de la dominance des corporations capitalistes sur la vie quotidienne de l’américain moyen. Et par défaut, du reste du monde (je suis un peu cynique ici)… Voir la bande-annonce ici sur un billet précédent.
On a beau aimer ou non Michael Moore, le trouver démagogique tout en pratiquant une pédagogie assez efficace, bref, il ne laisse pas indifférent.
Son style est toujours le même, Michael Moore ne gagnera jamais le prix de mise en scène ou de plus belle photographie, en fait il faut voir ces films en DVD, trop souvent , l’image n’est pas dans toute sa splendeur… Mais Moore et son équipe de montage devraient remporter un prix! Utilisant avec brio et quelques fois un peu tordu, beaucoup de séquences d’archives (bravo aux recherchistes), Michael m’est apparu comme un roi du « mash up« . Des scènes sont tout simplement tordantes de rire et cruelles de vérité. La comparaison avec la cité de Rome et l’empire américain en ouverture du film fait saliver.
Alors quoi? Je suis sortie du film bien évidemment scandalisée des vautours de WallStreet et de leurs amis au Congrès. Il faut préciser que tout le film est encore une fois, comme Fahrenheit 9/11 concentré sur l’ère Bush. Vers la fin, Moore laisse espérer que l’arrivée de Brarck Obama peut présager à rêver. Mario Roy de La Presse pose une bonne question : » Que fera Michael Moore maintenant que W. n’est plus à la Maison-Blanche? »
J’ai comme un doute qui s’installe. Moore ne plus faire de pamplet? Moore qui n’essaie plus d’entrer dans des endroits interdits? Moore qui ne provoquera plus? Hum. C’est bien mal connaître la bête qui sommeille en lui.
Alors, voir ou ne pas voir? Oui voir. Mais en toute connaissance de cause. C’est du Michael Moore.


