Dimanche soir, 20h30, j’étais prête à passer une longue soirée. Longue mais bonne. Sunny King Adé, le roi de la musique africaine et Femi Kuti, le digne fils du roi de l’Afrobeat, Fela Kuti. J’avais vu Femi Kuti au Jazz en 2001 et ce spectacle est resté gravé dans mon corps, sous la peau, dans la peau. Allons vérifier si un deuxième tour fait toujours l’effet.
Oui. Oui. Oui. Dès l’entrée en scène de Sunny King Ade et sa gang, j’ai été littéralement transportée en Afrique, spécifiquement au Nigéria. Sunny King Ade est un chanteur nigérian de musique Jùjú d’origine Yorubas. Avec son groupe, King Sunny Adé and His African Beats, King Sunny Adé est devenu une star internationale en Afrique au milieu des années 1980, s’exportant aux États-Unis et en Europe. Il est un des précurseurs du World Music moderne. Les Américains l’avaient surnommé le Bob Marley Africain. Ou le Minister of Enjoyment. Sa carrière a connu l’apogée dans les années 80. Il chante toujours dans sa langue natale, il refus d’inclure l’anglais dans les paroles de ses chansons. Affichant un large sourire, accompagné de musiciens brillants et souriants, il nous a offert un spectacle digne des nuits les plus chaude de Lagos. Afrobeat, pop, world, Jùjú, le roi a brillé devant la cour.
***Pour lire une excellente entrevue avec Sunny King Adé, par ici (en anglais)
Par la suite, nul autre que le fils de l’autre roi, celui de l’afrobeat, Fela Kuti. Son fils Femi Kuti. Grand artiste, engagé, excellent musicien, multi-instrumentiste (clavier, saxophone, guitare, trombette, clarinette). Et une voix qui devient souple, immense, puissante. Avec sa soeur, il est propriétaire du club de nuit le plus original et social de la capitale du Nigeria, New Afrika Shrine. Club qui vient de se faire cadenasser par les autorités policières. Je vous invite à visiter leur site web, un genre de télé live de l’endroit et de feeling…. Shrine TV.
Femi nous a livré ses grands classiques (Beng Beng Beng, Sorry Sorry, Do your best, ’97, truth don die) et plusieurs nouveautés de son prochain album, que nous attendons avec impatience.
Pour un avant-goût du prochain album….
Définition de l’afrobeat
L’Afrobeat, créé à Lagos par Fela Anikulapo Kuti à la fin des années 1960, est une musique issue de rythmes traditionnels yoruba, fortement imprégnée de funk, jazz et highlife. Grâce au charisme de son créateur, et à la qualité de ses compositions, ou il déclame des textes engagés et satiriques, cette musique devient rapidement très populaire au Nigeria. L’afrobeat, musique à la rhytmique entêtée, basée sur peu d’accords, joués en boucle, par des guitares et claviers, agrementés de riffs de cuivres puissants et mélodiques, est intimement lié au contexte politique et urbain dans lequel il a été créé : il s’agit aussi, d’une forme de protestation contre la mainmise des politiciens corrompus, sur le Nigéria et ses richesses, le mépris de la population, et une volonté de changement social. (tiré de Wikipedia)
Pour en savoir plus, très bon dossier sur l’Afrobeat sur le site de Fonkadelica.
La musique. Juste de la musique. Qui pendant un instant nous laisse croire que la paix peut s’exprimer.

