Samedi soir, l’avion Audrey Hepburn s’est posé sur Montréal. Mon regard a parcouru les rues banlieusardes de Dorval. Quel changement. Des maisons toutes pareilles, des rues aux parallèles et perpendiculaires quasi à la perfection. Pour tous mes voyages, j’ai toujours eu mon choc culturel au retour… Je me dis, à chaque fois, que la normalité, c’est là-bas, c’est nous qui sommes « les autres »… Bref, un sentiment de déjà vu mais en même temps, comme pour chaque voyage (je vieillis, les expériences s’accumulent), je suis toujours ravie de revenir à la maison. De retrouver ma bulle à moi. À nous.
Et disons que le ravissement était peut-être plus important cette fois-ci because of… a little mésaventure qui m’est arrivée à la dernière nuit à Nairobi. Que nous avons passé à l’hôpital. La cause? Les pilules anti-malaria que je prenais depuis 3 semaines. M-A-L-A-R-O-N-E. J’ai été victime d’effets secondaires de ce médicament, effets secondaires sérieux, qui devaient somnoler dans mon corps depuis le début du traitement.
Ça s’est passé très vite, en une heure, j’étais quasi paralysée, plus capable de parler et de bouger! On était retournée au très bon restaurant éthiopien à Nairobi, pour rencontrer Dan, un ex-prêtre Irlandais spécialiste du Sud-Soudan. Bref, le temps de dire hello, please drop us at the hospital…. Le propriétaire du resto nous a passé son chauffeur et hop, direction Nairobi Hospital où j’ai rapidement été pris en charge. Et le porte-feuille de mon homme aussi. Et oui, j’étais assurée….
La crise a duré presque 5 heures. J’ai jamais eu aussi mal à mon cerveau, ma tête, partout. Et à un moment donné, l’homme était parti payé pour les tests, j’ai eu peur. Très peur. Mais lentement, mon corps a digéré le poison et les effets (étourdissements, perte de force musculaire, picotements, mal de tête) se sont atténués.
Pas besoin de vous dire que ce fut la dernière pilule de Malarone que j’ai pris. Et c’est pour la vie! On a quitté l’hôpital vers 3h du matin, avec mon homme crevé qui n’avait malheureusement pas mangé de l’éthiopien mais bien du junk food de machines distributrices…!!!
Le lendemain matin, j’avais le corps d’une femme de 35 ans qui avait couru 5 marathons la veille. Sinon plus. On prenait l’avion le soir. Mon corps a fait une réserve d’adrénaline, le temps que j’arrive sur mes deux pattes ici.
Et depuis mon retour, je suis crevée. Mais selon mes nombreuses recherches sur Internet….!!! la malarone devrait disparaître de mon corps d’ici 2-3 jours. Espoir!!! Et je profiterais du printemps sur Montréal. Mais je tiens à préciser que je suis assise sur ma terrasse pour écrire ce billet… C’est bon.
La suite de ce beau voyage sur ce blogue plus tard. Et oui, magnifique Afrique.

