Ces images font en quelque sorte du bien. Après le tabac médiatique sur les affres de la tragédie (car il s’agit bel et bien d’une véritable catastrophe), les images de Dominic témoignent d’une distance. Cette distance respectueuse. Ce recul qui révèle une maturité du regard.
Et en plus, nos dons au CECI font du chemin. Bravo!
Pour souligner les 25 ans de son premier roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, un documentaire retrace le parcours de DANY LAFERRIÈRE, voyage intime de l’un des écrivains les plus originaux des dernières décennies.
Le vendredi 19 février 2010 à 17h15
La projection du film sera suivie d’une discussion avec Dany Laferrière animée par Marie-France Bazzo.
Pour visiter Haïti d’avant.
Le silence n’existe pas à Port-au-Prince qu’entre une heure et trois heures du matin. L’heure des braves. La vie ne peut qu’être publique dans cette métropole étonnamment surpeuplée (une ville construite pour à peine deux cents milles habitants qui se retrouve aujourd’hui avec près de deux millions d’hystériques)…
Tiré d’Un pays sans chapeau, 1996, Lanctôt
Michael Haneke livre des œuvres puissantes.Son cinéma est souvent froid, intellectuel, distant. Mais aussi complexe et révélateur de tensions. À la fois dans le propos, dans la cinématographie et dans l’objet qui demeure en nous. J’avais hâte de respirer après avoir vu le film. C’est dur et intelligemment insoutenable.
Haneke nous transporte dans un village puritain, produit d’un luthéranisme vigoureux, au nord de l’Allemagne à la veille de la Première Guerre Mondiale. Du noir et blanc de toute beauté. Une fable racontée par un habitant du village. Des événements étranges se succèdent. Qui sont les coupables? Quel est le lien entre les événements? Ne comptez pas sur Haneke pour vous aidez à dénouer l’intrigue. C’est votre problème. Et vous aurez votre propre interprétation.
Il n’est pas tendre Haneke. Mais au contraire d’un certain cinéma qui montre la violence dans tout son sang, coups, et bas instincts, ici, on est dans une œuvre d’art qui ne montre rien. Mais votre propre imagination fera le reste. Et soyez avertis. Ça frappe.
Le film vacille entre la dénonciation des société répressives, de l’héritage d’une malveillance, de l’abus de pouvoir et de l’enfance bernée par l’adulte. Et vice-versa. Quand la violence ne peut que dénoncer une autre violence. Une déshumination de l’être. Quand les avoirs sont aveuglants. Les avoirs de la raison et de l’irrationnel.
Le ruban blanc, c’est probablement le meilleur film de l’année 2009. Mais il sort en salle le 5 février prochain, donc en 2010. Mais il sera certainement dans mon palmarès de 2010. Grand film.
Le IPad lancé le mercredi 27 janvier dernier ne fait que des heureux, des adeptes ou des amoureux de la petite pomme.
Je me permets de recopier les mots d’un ami Steven Morris. Car c’est aussi ça le IPad.
Today Steven Morris launched a new hi-tech product called the « I’ve had. »
As in « i have had e-fucking-nought of steve jobs and his endless greed and attempts to corner apple’s share of the market. Just what the world needs, one more silly gadget- the ipad, which upon reflection for all of a nanosecond, one can do without. not to mention all the african nations that have their economies undermined, no pun intended, because of the race to extract elements from the ground required to fabricate the things. Write me and i’ll send you a copy of the « i’ve had. »
It is just like a business card, and on it is printed: steve job is a greedy *&^hole.
p.s. let us not go into the subject of all the people who will now be acting like they invented the ipad because they forked over 500$ for the thing. we’ll save that for next month when i launch the « imad. »
Et je vous invite à visiter ce site, qui résume bien technologiquement parlant les NONs pour le IPad. Chez Gizmodo. (via @Michelle Blanc)
Quelques découvertes. Étant donné que je suis constamment en mode recherche, je suis tombé sur ce blogue, mais ce n’était pas ma première visite. Le blogue d’Oliver Mermet. Il a 23 ans. Il a choisi le Canada comme pays d’accueil, afin de commencer une maîtrise en gestion du commerce électronique, à l’Université de Sherbooke.
Et sur son blogue, il nous résume, bref réalise une brillante vulgarisation des médias sociaux, marketing, publicité et créativité. Son projet de maîtrise : les facteurs influençant le partage de messages à caractères publicitaires, dans un contexte de réseau social en ligne. (explication de sa part : quels sont les facteurs humains qui font qu’une vidéo devient virale). Fascinant!
Mon père a toujours été un modèle pour moi concernant l’art d’avoir le dernier mot. Je me rappelle même qu’il me tapait sur les nerfs quand j’étais plus jeune. Aujourd’hui, je crois que les rôles se sont inversés….et je lui tape sur les nerfs, j’en suis convaincue…:)
Peu importe, la bonne nouvelle à la ténacité du vouloir du dernier mot, mon amour de la littérature, mon envie constant de jouer avec les mots, ben… j’ai craqué.
Un OVNI dans la cinématographie des documentaires des dernières années. La théorie du tout. Un bijou.
Céline Baril donc. Une démarche simple, claire et assumée. Rencontrer des gens au hasard des routes, les questionner sur leur lien aux territoires, à la vie, à l’histoire. Le tout sans nécessairement s’imposer un lien évident entre les gens, leurs histoires et les lieux. Mais finalement, pari réussi. Le lien devient…tout simplement si évident et magnifique. Il est lien et liant. Tout est relié, la voilà la théorie du tout.
La théorie du tout. Photo : Julien Fontaine
Ce que je viens d’écrire semble vague. Mais ce n’est pas facile de décrire ce film un tant soit peu et d’en faire une critique… C’est une œuvre d’art, un film de mouvement, un moment de beauté de fragile, une série de portraits vivants, un road-movie intime et bouleversant, un instantané du Québec. De chez nous.
Ça démarre avec des images d’une perfection (grand chapeau à Julien Fontaine pour les images) quasi temporel d’une ville qui n’est pas anonyme, Montréal. On suit la musique d’une contrebasse. « Si on ne joue pas d’un instrument, il meurt. » Cette phrase ouvre le film. Et la réalisatrice garde cette notion en tête, dans ses rencontres, dans ses approches, dans son regard. Car elle joue de l’instrument du cinéma. Sur le Québec, le territoire, notre identité.
C’est lucide, éclairant, poétique, politique, utopique et organique. Résilience, équilibre, résistance, abandon. Nous célébrons le passé, nos ancêtres, nos sols, nos ressources, nos familles, et l’amour. La musique. L’aventure. La vie. La sagesse populaire (dixit Olivier).
Je vous prie d’aller voir ce bijou de film. Et venez m’en parler, ici. Au cinéma Parallèle à compter de ce vendredi 22 janvier et Au Clap en février à Québec.
La théorie du tout, un film de Céline Baril
Production des films de l’autre
2009, 78 min.
Aimez-vous mon titre? Assez intense non? Depuis une semaine, nous sommes les joyeux futurs joueurs de plusieurs nouvelles initiatives, fonds, renouvellement de subventions pour tout ce qui touche les nouvelles plateformes et autres buzzword du moment.
Alors voici une liste, pour les intéressés.
1. Projet FCTNM – Programme Passerelle- volet relecture de projet
La chance de travailler un projet individuellement avec une professionnelle reconnue et de bénéficier de son expertise. FCTNM offre la lecture de 10 projets à l’étape du développement ou de la production : documentaire, fiction ou contenu nouveau média d’un projet multiplateforme Date limite: 22 janvier 2010
2. ReBOOT – Appel de projets L’Association des documentaristes du Canada / Documentary Organization of Canada est heureuse d’annoncer un appel de soumission pour ReBoot, une conférence web d’une semaine portant sur la production multiplateforme incorporant de la formation, du mentorat et des présentations d’experts.
DOC cherche à soutenir ses membres lors de la transition vers le documentaire numérique et à bien positioner les réalisateurs et lesproducteurs dans l’environnement télévisuel canadien au moment où pleuvent les bouleversements occasionnés par le Fonds des médias du Canada. Date limite : 29 janvier 2010 —4 FÉVRIER
3. Programme des médias numériques – Fond Canadien de télévision
En 2008-2009, le FCT a lancé un programme pilote pour les médias numériques de 2 millions $ afin de renforcer la présence canadienne dans les nouveaux médias. Le succès du projet pilote a entraîné le renouvellement du Programme des médias numériques en 2009-2010 avec un budget de 10 millions de dollars. Les projets de médias numériques associés à des productions télévisuelles appuyées par le FCT sont admissibles au financement sous forme d’une subvention accordée sur la base du premier arrivé, premier servi. Date limite : 1er février 2010
5. MipTV – Cross Media Festival – Content 360 Pitching Challenge
Dare to cross the line! Digital Media creators and innovators from around the world, tap into this unique opportunity to pitch major decision makers at MIPTV. Spotlight your talent to the global TV and media industry at the occasion of the 5th annual Cross Media Festival. Your chance to find major development funding at MIPTV. For Digital media pioneers, including independent producers, interactive agencies, digital designers, Internet content creators, mobile application providers and other digital media innovators. Date limite : 15 février 2010
6. Le Studio XX et le centre du Québec de l’Office national du film du Canada s’associent en lançant un projet de production novateur: FIRST PERSON DIGITAL [le numérique à la première personne].FPD favorisera l’émergence de nouveaux talents et suscitera des collaborations inédites entre des cinéastes et des artistes des nouveaux médias travaillant dans la langue officielle en situation minoritaire au Québec, soit l’anglais. Ce projet vise à inspirer les réalisatrices émérites de demain en les associant aux artistes des nouveaux médias dont le travail est des plus motivants. Date limite : 1er mars 2010
7. Fonds TV5 (renouvellement)
Pour une deuxième année, le Fonds TV5 pour la création numérique lance un appel aux créateurs canadiens de la relève en vidéos et nouvelles technologies. Les projets recherchés devront constituer des séries de cinq capsules de 1 à 4 minutes et s’articuler autour d’une même thématique, d’un même concept. Date limite : 1er mars 2010
Il est fortement suggéré de faire parvenir un courriel d’intérêt avant le lundi 22 février prochain à fondstv5@tv5.ca. Le Fonds est doté d’une enveloppe budgétaire de 100 000 $ en espèces (contribution financière directe à la production) et de 100 000 $ en services, encadrement et promotion-marketing, totalisant un soutien de 200 000 $ pour l’année 2010.
8. Programme pilote pour le financement de séries de fiction pour le web Le conseil d’administration du Fonds indépendant de production (FIP) a approuvé un programme pilote de financement de séries dramatiques destinées à toutes les plateformes de diffusion. Reconnaissant que l’environnement de la radiodiffusion évolue rapidement, le FIP, qui finance déjà les séries dramatiques ayant obtenu une licence d’un télédiffuseur, a décidé d’étendre son soutien financier aux séries dramatiques scénarisées et produites pour le Web. Bonne nouvelle!
Date limite : 31 mars 2010
Bon j’arrête. Je sens que je vais être occupée! Amusez-vous bien et bonne chance à tous….
Connaissez-vous la troupe de théâtreProjet Porte Parole?. Jeune compagnie de théâtre très dynamique, ils occupent une place unique dans le monde théâtral au Québec, avec une démarche documentaire. J’ai commencé à les suivre en 2003, simultanément avec les débuts de Parole citoyenne. Donc du théâtre documentaire.
En 2007, ils ont démarrer un projet ambitieux, Sexy Béton, pièce bilingue en trois épisodes. Et ce janvier, c’est la conclusion du troisième épisode, que j’ai eu la chance de voir, de vivre.
Quelques mots à propos de Sexy béton (tiré de leur site)
——-Brett et Maude, deux acteurs, sont intrigués par la lecture d’une histoire qui relate l’effondrement d’un pont, tuant cinq personnes dans leur ville. Quand ils découvrent que les personnes, qui l’ont construit et étaient en charge de son entretien, ne veulent endosser aucune responsabilité, ils démarrent une enquête. Leur odyssée les conduit aussi bien chez les victimes encore dévastées que dans les salles des conseils d’administration et les bureaux feutrés de l’élite politique et financière, où circulent des rumeurs de conspiration de mafia et de collusion du monde de la construction qui menacent leur quête de vérité.
À chaque étape, leur mission de créer un drame “sexy” est mise en péril par leur sujet “béton”. Ils veulent blâmer quelqu’un pour l’effondrement du pont et secourir les victimes innocentes. Mais, finalement, ils sont contraints de tirer des conclusions moins glamour : le pont en question est une partie de leur propre monde malade et, qui sait peut-être, eux-mêmes ont-ils quelque chose à voir dans cette faillite collective.
Sexy béton est un suspense politique hantant notre passé, mais encore actuel : les unes des médias ne cessent de rapporter des chutes fréquentes et choquantes de blocs de ciment des infrastructures au Québec. La pièce est aussi un appel urgent à l’engagement des citoyens au moment où, par exemple, les projets de reconfiguration de l’échangeur Turcot à Montréal risquent d’affecter notre ville pour des décennies.——-
Voilà pour le résumé. On parle du Pont de la Concorde évidemment. Tragédie qui est survenue le 30 septembre 2006.
Je n’ai pas eu la chance de voir les deux premières pièces mais j’ai eu la chance de les lire le week-end dernier. Déjà, juste les mots m’avaient gagnée. Beaucoup d’émotions, beaucoup d’intelligence dans le propos. L’aventure de Sexy Béton et son écriture, c’est l’œuvre d’Annabel Soutard. J’y reviendrai.
Bref, mardi soir, j’allais voir l’épisode trois, le dernier, l’Abandon. J’ai passé une soirée éprouvante. Magnifique. Intense. Pas facile.
Et l’expérience théâtrale? Intense. D’excellents comédiens, scénographie sobre mais efficace, un texte troublant et la frontière entre transposition dans l’acte de création et réalité qui s’amenuit de plus en plus, nous transportant vers une conclusion déchirante et si intègre. Je vous donne un indice. Le film Valse avec Bashir. Et toutes les présentations sont suivies d’une discussion avec le public.
Bravo Annabel et bravo à toute l’équipe.
Vous savez quoi? Cette pièce de théâtre est une puissante métaphore. Celle de notre infrastructure défaillante : notre responsabilité collective. Notre société qui inexorablement se détisse. Notre individualisme en puissance. Notre sens collectif en « impuissance ». L’auteure Annabel s’est totalement investie dans cette aventure, enquête, engagement et relations avec les familles des victimes.
J’ai été au théâtre et j’ai pleuré. De rage. De colère. D’espoir.
Juste avant de quitter, Haïti avait tremblé. Je vous parlais de métaphore plus haut. Je n’ai rien d’autre à ajouter.
Réalisatrice et productrice indépendante de documentaires et médias interactifs. Je privilégie des projets cinématographiques tournés vers le réel et narrés pour les multiplateformes. Plus, chroniqueuse cinéma à l'émission CINÉFIX sur les ondes de CIBL ou ici en baladodiffusion.
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