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By Erik Rasmussen

Huis-Clos de Jean-Paul Sartre au TNM

Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango

Ah le théâtre! Quel moment délicieux, de voir en chair et en os une création prendre forme, dans un décor, sous des éclairages, mise en scène, interprétée et tout est là. Vraie. Pas figée sur un écran. J’adore les écrans mais une soirée au théâtre, ça remet le plancher aux vaches (!).

Magnifique cadeau de la metteur en scène et directrice artistique du Théâtre du Nouveau Monde Lorraine Pintal que j’ai eu la chance de rencontrer lors des enregistrements du concours Le dernier mot à Radio-Canada. Elle anime avec brio mon émission littéraire favorite, Vous m’en lirez tant.

Donc, lundi soir, la générale de Huis Clos. Pièce de Jean-Paul Sartre, avec Pascale BussièresSébastien DodgeJulie Le BretonPatrice Robitaille .

Puissant. Très bonne interprétation des comédiens, particulièrement Patrice Robitaille. Le décor est fascinant, le Huis-Clos est ouvert et tragiquement fermé, brillant.

Évidemment, après 1h40 de défilement des mots de Jean-Paul Sartre, c’est la puissance du texte qui nous habite encore le lendemain!

L’enfer c’est les autres écrit Sartre. Il a bien raison mais il va encore plus il dans son raisonnement…

J’ai trouvé ceci. (continuer à lire ne devrait pas modifier votre expérience théâtrale…)

Texte dit par Jean-Paul Sartre en préambule à l’enregistrement phonographique de la pièce en 1965. Ces textes ont été rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka – Folio essais- Gallimard 1992.

J’ai voulu dire : l’enfer , c’est les autres. Mais « l’enfer, c’est les autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’étaient toujours des rapports infernaux. Or, c’est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut-être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons ses connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Deuxième chose que je voudrais dire, c’est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnages que vous entendrez dans Huis Clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes vivants et qu’ils sont morts. Bien entendu, ici » morts » symbolise quelque chose. Ce que j’ai voulu indiquer, c’est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d’habitudes, de coutumes,, qu’ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu’ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts. En ce sens qu’ils ne peuvent briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes; et qu’ils restent ainsi victimes souvent des jugements qu’on a portés sur eux. A partir de là , il est bien évident qu’ils sont lâches ou méchants par exemple.

S’ils ont commencé à être lâches , rien ne vient changer le fait qu’ils étaient lâches. C’est pour cela qu’ils sont morts, c’est pour cela, c’est une manière de dire que c’est une mort vivante que d’être entouré par le souci perpétuel de jugements et d’actions que l’on ne veut pas changer. De sorte que , en vérité, comme nous sommes vivants , j’ai voulu montrer pr l’absurde, l’importance chez nous de la liberté, c’est à dire l’importance de changer les actes par d’autres actes. Quel que soit le cercle d’enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c’est encore librement qu’ils y restent . de sorte qu’ils se mettent librement en enfer.

Vous voyez donc que, rapports avec les autres, encroûtement et liberté , liberté comme l’autre face à peine suggérée , ce sont les trois thèmes de la pièce. Je voudrais qu’on se le rappelle quand vous entendrez dire : « l’enfer c’est les autres. »

—tiré du site À la lettre

Allez, au théâtre tous!

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Repose en paix, Marcel Simard

Le réalisateur Marcel Simard, photographié à l'Itinéraire

J’ai été très attristée d’apprendre la mort soudaine du cinéaste et producteur Marcel Simard. Un créateur proche des émotions, des gens. Un homme franc, intègre, brouillon aussi, dur à suivre certainement…. Je n’ai pas eu la chance de travailler directement avec lui. Mais en 2004, pour Parole citoyenne, j’avais réalisé avec Eza Paventi et Marc Tawil une entrevue avec lui. Je me rappelle de cet après-midi de printemps, dans une salle de montage dans le Vieux-Montréal. Moment magique. Prendre le temps de parler. De s’écouter. Se respecter. Bref, s’humaniser.

Son film Le grand monde est une œuvre puissante. De dignité humaine. Voir sa filmographie. (Vous trouverez l’entrevue ici… les clips sont de qualité médiocres mais bon, 2004… (sans commentaire)…)

La vie et ses épines ont eu raison de toi, cher Marcel. Tes œuvres et ta démarche vont rester en moi.

Bon repos.

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The Ghost Writer – Polanski

Essayons de faire fi du scandale autour de l’homme et cinéaste Roman Polanski. Son dernier opus, The Ghost Writer sort sur nos écrans très bientôt… Le film a gagné l’Ours d’argent à la dernière Berlinale

Voici la bande-annonce

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Visualisation – Un tour de maître

Depuis quelques semaines, je donne beaucoup de consultation (INIS, Téléfilm) sur les nouvelles plateformes, le multilplateforme, le transmedia, le web, les réseaux sociaux, le webdocumentaire, bref en bout de ligne, je finis toujours par parler d’idée, d’objectifs et de création. Ce qui est tout de même rassurant!

J’aime bien accompagner mes présentations de graphiques qui illustrent la réalité. Et ce n’est pas évident de synthétiser visuellement  du data, des statistiques, des comportements. Mais via les  nombreux experts, spécialistes que je suis sur Twitter, je trouve des merveilles. Et c’est aussi ça la culture du partage. Partout ces trouvailles, les utiliser, les modifier et les redistribuer. Là, je parle la langue Creative Commons... :)

Bref, je vous invite à découvrir Pamorama, un site qui « agrège’ des informations concernant le marketing, la vie els les réseaux sociaux… Tous les billets sont des bonbons, particulièrement celui-ci.  35 Great Social Media Infographics.

Je vous en glisse quelques uns.

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Mais que lit Stephen Harper?

Yann Martel

Vous avez surement entendu parler de l’initiative de Yann Martel – Que lit Stephen Harper? À toutes les deux semaines, ce dernier envoie (et il continue toujours)  à notre cher premier ministre des suggestions de lecture. Un livre a été même été publié sur ces suggestions! L’aventure se poursuit, il publie même les réponses laconiques du service de correspondance de notre pm… Peu importe si Harper les lit (qu’il nous surprenne), il s’agit d’une véritable incursion dans le monde de la grande littérature, celle du sens, des classiques, des grands écrivains. Bref…, adoptez-la!

Mais pourquoi je vous le partage aujourd’hui, c’est pour ceci… :)

Yann Martel est l’auteur du roman L’histoire de Pi qui lui a valu le Man Booker Prize.

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Un prophète, un film de Jacques Audiard

Magnifique et sublime moment cinématographique. Je l’attendais depuis plusieurs mois et enfin le film est présenté dans les salles au Québec. Un prophète de Jacques Audiard. Je vous renvoie à l’excellente critique de Bilodeau du Devoir et l’entrevue avec Audiard par Bilodeau en février dernier.

Courez. Je vous le promets. Du grand cinéma.

Voici la bande-annonce

Un prophète a tout raflé à la dernière remise des prix Césars. Et je me croise les doigts pour l’Oscar du meilleur film étranger. Mais le film est en conpétition avec l’autre chef-d’œuvre, Le ruban blanc de Michael Haneke. À suivre!

Bon cinéma!

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La pub sort du cadre...vidéo

Trop bien réussi. C’est joli l’animation… mais visionnez-la sur Vimeo directement ICI.
Voyons-voir si vous voyez tout!

Mais je ne suis pas un fan de Tostitos…!!! Mais wow…

“And Then There Was Salsa” from Frito Lay Dips on Vimeo.

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Flavors.me

Un projet simple, user friendly et tout à fait dans l’air du temps. Aggréger nos multiples vies virtuelles, nos dépôts de contenus un peu partout… À suivre….

Flavors.me from Jack Zerby on Vimeo.

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Chatroulette

Assez explicite et démonstratif de la dite-chose dont tout le monde parle!!!

chat roulette from Casey Neistat on Vimeo.

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Étude de cas - Remyx et Journal d'un coopérant

Dans le cadre des RVCQ, Téléfilm, Fonds Bell et Espace inFusion ont organisé une journée des médias numériques. En premier lieu, avant-midi consacrée aux fictions web interactives. Deux études de cas, REMYX et JOURNAL D’UN COOPÉRANT. Deux exemples très différents et leur juxtaposition était brillante pour une réflexion sur la narrativité, l’interactivité, la dramaturgie et ses auteurs.

Quelques notes gravées ici et là. — finalement je suis inspirée!

Le cas Remyx


Remyx a été webdiffusé sur Radio-Canada.ca de septembre à décembre 2009. Remyx est probablement un première essai du genre plutôt complet sur le web au Québec. Une douzaine d’épisodes de fiction de 6 minutes, racontant les aventures de trois couples. Chaque épisode se termine sur une question que les internautes doivent répondre, ce qui influence l’épisode suivant. Les scénaristes nous racontait hier que ont essayé de donner 1/3 possiblement influençable et 2/3 déjà prévues dans l’écriture. Autrement mission quasi impossible. Il faut préciser que la beauté et la difficulté de ce projet ont été dans sa faisabilité et défi de production. Mise en ligne le vendredi, les internautes ont jusqu’au lundi suivant pour voter, écriture le mardi, tournage le mercredi, montage le jeudi et on recommence…. Fiou! Assez intense. Plus, ils ont été aussi très créatifs pour relever le défi, ce qui est tout à fait dans l’esprit de la création… tout court.

Remyx a été un laboratoire très révélateur au niveau d’un exercice sur la dramaturgie. Petite note, comme ce fut un projet pitché rapidement vers une mise en ligne, ils ont brillamment relevé le défi du positionnement de la marque. Le mot REMYX, qui joue à la fois avec les concepts des générations Y et X, principalement Y dans ce cas-ci. En peu de temps, le brand était lancé, projet positionné et résultats qui comblent des attentes (autant chez le producteur que chez le diffuseur).

Mais revenons à la dramaturgie. À chaque fin d’épisode, les auteurs lançaient une question au public, est-ce que X doit faire ceci, ou Y faire cela, et surprise, le public choisissait le choix « moral » alors que les auteurs, comme tout bon auteur veut s’éloigner d’une certaine logique moraliste et s’amuser quoi… Mais non, le public-cible (18-35) optait pour le choix le plus conservateur… Intrigant. Ce qui a poussé les auteurs à repositionner leurs questions afin de ne pas tomber dans le piège  de cette dualité binaire, qui en bout de ligne amène au cul-de-sac de pas grand chose… Les derniers épisodes ont été plus subtils!

Remyx est un beau cas d’étude sur une conversation entre auteurs et son public. Où le public influence l’histoire. Pour le meilleur et pour le pire. Plus, ils avaient choisi de livrer les clips à une heure précise tous les vendredi. concept très « TV ». Mais ça comporte des avantages… Créer un événement, rassembler la communauté, et faire naître un sentiment de primeur (et oui, ça pogne encore!), bref bon concept.

Va-t-il avoir une deuxième saison? Il serait intéressant de pousser plus loin la conversation avec les internautes, le lieu du rendez-vous (le site web) et d’expérimenter une dramaturgie plus risquée, peut-être, pour envoyer l’internaute là où il ne pense pas aller mais s’il croyait qu’il avait le contrôle. La déroute du lecteur, du téléspectateur, du public, c’est particulièrement tentant!

Le cas Journal d’un coopérant

Ah Robert Morin, cet homme qui expérimente un langage cinématographique, une forme narrative et une relation avec les spectateurs. L’expérience Journal d’un coopérant s’inscrit logiquement dans le parcours de l’artiste. Première boutade qu’il nous lance, les créations collectives, c’est de la foutaise!!!

Revenons au projet. L’invitation était claire, lancée en décembre 2009.

journalduncoopérant.com est à votre disposition dès maintenant sur le Web. Il s’agit d’un work in progress, d’un film en devenir qui attend vos réactions, commentaires et surtout, surtout, vos inventions. J’y interprète le personnage principal, Jean-Marc Phaneuf, un technicien en électronique retraité qui travaille pour Radio du monde, un ONG spécialisée dans la rénovation et l’installation de radios communautaires en Afrique. Son journal Web vous parviendra tout au long de son séjour à Ujama, soit une période d’environ deux mois. Vous êtes invités à « bloguer » avec lui, en faisant comme lui, c’est-à-dire en vous inventant un personnage et en vous enregistrant au moyen de votre caméra Web. Vos envois pourraient se retrouver dans le film et en salle au printemps et ainsi faire du film une création collective.

Merci de votre « coopération

Bon, pour la création collective, un échec total selon Morin! Revenant sur la question morale soulevée dans le cas Remyx, pour Morin, la dramaturgie, c’est jouer avec la morale. Alors l’ouvrir au collectif, qui ne veut que se diriger vers le droit chemin, c’est irrémédiablement aller tout droit vers la banalité…

La productrice, Stéphanie Morissette qualifie l’expérience de JC d’une performance. Le blogue étant la performance de la livraison d’un film, la possibilité d’influencer la trame, toujours dans la fiction. Et en bout de ligne pour nous les internautes, ce fut la livraison d’un court métrage impressionniste d’une vingtaine de minutes. Pour l’équipe, point intéressant, ils ont traité le blog de Phaneuf comme un accessoire au film. Comme un objet de la direction artistique, de la mise en scène, de la dramaturgie.

Pour Morin, l’expérience de dévoiler le film a révélé l’aspect « lent » du médium web….joli paradoxe! Un montage en slow-motion, où les auteurs tentent de radioscoper l’auditoire, un sondage d’opinion en temps réel, mais un temps trop lent pour une symbiose dramatique. Plus, pour Morin, cette expérience, provocante dans la forme autant que dans le contenu (aborder le sujet délicat de la pédophilie, il faut être courageux car comme société, on n’a pas ce courage là) ce fut le triomphe de l’auteur. Sommes-nous dans la fiction? Dans le documentaire? On est dans une zone grise et c’est là toute la force de l’oeuvre de Morin. J’avais écrit dans mon billet lors du lancement du projet, que je me foutais de savoir où l’on était. On joue. Et le boss, c’est pas Phaneuf, mais Morin. (mais ça aurait pu être Phaneuf…)

Au mois de janvier, quand le personnage de Phaneuf dégringole et s’enferme dans son rôle de pédophile secondaire, Daniel Canty (qui a réalisé avec Morin l’expérience sur le web) disait que Phaneuf n’avait qu’un mot-clé en tête. Mathilde, Mathilde, Mathilde…. Les commentaires sur le blogue, il (le personnage) n’était pas en mesure de les lire et de les vivre. Il était bien loin de tout ça…

Nous a-t-il bernés? Est-ce que les internautes ont été victimes d’une supercherie nommée Robert Morin-s’amuse-encore? Non, pas du tout. Nous avons assisté à une performance de provocation, brillamment orchestrée, où le performeur a signé son œuvre. Il a persisté, le public aussi. Mais en bout de ligne, métaphoriquement parlant, on s’est fait avoir, berner. Comme une victime face à son  prédateur.. Et comme expérience-usager, c’était tout un pari. Qui sait, tant qu’à se faire berner, le coup aurait pu être encore plus fort. Jouer avec le mensonge. Avec Phaneuf. Moins avec Morin.

Je retiens de Journal d’un coopérant, une expérience assez fusionnelle et inspirante de dramaturgie, cinéma, diffusion et conversation.

Pour voir le résultat en format cinéma, ce sera au mois de mars en salles. Ou en primeur, en fermeture aux Rendez-vous du cinéma Québécois.

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